Un Executive MBA, un parcours international, une pancarte dans le métro. Pierre Gaëtan Ngankam, militant du MRC et proche de Maurice Kamto, a été aperçu dans plusieurs stations de Paris avec un message écrit à la main : « Je recherche du travail. » L’image a circulé rapidement sur les réseaux sociaux. Elle a mis le feu aux poudres.
Un profil sur le papier solide, une réalité parisienne plus dure
C’est Émilie Redon qui a relayé son témoignage sur LinkedIn. Selon elle, Ngankam se présente comme titulaire d’un Executive MBA en management stratégique et opérationnel, avec une expérience répartie entre le Cameroun, l’Égypte et la France. Un profil qui, sur le papier, aurait dû ouvrir des portes.
Mais voilà.
Des récits qui circulent en ligne indiquent qu’il aurait profité du contexte politique agité autour de la présidentielle camerounaise d’octobre 2018 — et des actions de militants devant les ambassades en janvier 2019 — pour construire un dossier migratoire et rejoindre l’Europe. Une étape par la case prison, selon ces mêmes sources, pour accélérer la procédure. Ces éléments restent non vérifiés officiellement.
Ce qui est visible, lui, ne l’est pas : un homme debout dans une station de métro, panneau à la main,
cherchant un emploi dans la capitale française.
Le choc de la réalité, et ce qu’il dit de l’illusion migratoire
L’image est forte parce qu’elle est concrète. Derrière la pancarte, il y a des mécanismes bien documentés :
accès à l’emploi difficile, fin progressive des aides sociales, isolement, marché du travail saturé pour les profils étrangers sans réseau local établi. Ngankam n’est pas un cas isolé — il est juste visible.
Sur les réseaux, les réactions ont été prévisibles. Compassion d’un côté, récupération politique de l’autre. Certains y lisent un drame humain. D’autres, une leçon adressée à ceux qui critiquent le régime depuis l’étranger sans en payer le prix au pays. Les deux lectures disent quelque chose de vrai, et aucune n’est suffisante.
Ce qui reste, c’est une question que beaucoup de Camerounais se posent avant de partir : la reconnaissance des diplômes, les réseaux professionnels, l’adaptation culturelle — autant de paramètres que le rêve européen efface volontiers dans l’imaginaire collectif. La réalité, elle, ne fait pas ce genre de faveurs.
Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l’actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.



