Georges Gilbert Baongla, convoqué par le SCRJ pour cybercriminalité et diffamation, est introuvable au Cameroun. Mais l’homme qui se dit fils biologique de Paul Biya vient de recevoir un appui inattendu et lourd de sens : Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, baron du Sud et pilier du régime, a publiquement pris sa défense. Pour lui, Baongla est le fils de Paul Biya. Point.
Fame Ndongo le dit clairement : Baongla est le fils du président
Jean de Dieu Momo, ministre délégué à la Justice, avait tenté de clore le débat. Baongla n’est pas le fils du président, avait-il affirmé sans ambiguïté. Une sortie qui ressemblait à une mise au point officielle, destinée à couper court aux revendications de l’intéressé.
Jacques Fame Ndongo a fait exactement l’inverse.
Le ministre de l’Enseignement supérieur — homme du Sud, la région natale de Paul Biya, présent dans le sérail depuis des décennies — a pris position publiquement pour contredire Momo. Pour lui, Baongla est bien le fils du chef de l’État. Pas une rumeur à éteindre. Pas un affabulateur à neutraliser. Un fils.
Ce n’est pas un détail de couloir. Fame Ndongo est l’un des barons les plus stables du régime, un homme qui mesure chaque mot. Quand il dit que Baongla est le fils de Paul Biya, il le dit en connaissance de cause — et en assumant les conséquences politiques de cette affirmation.
Le signal est d’une clarté brutale.
Derrière la convocation judiciaire, une guerre de clans
La procédure contre Baongla avait été déclenchée après son intervention télévisée du 19 avril, au cours de laquelle il se présentait comme « le fils légitime » de Paul Biya, affirmant que Franck Biya n’était que son « fils adoptif » — et donc exclu de toute succession. Une source sécuritaire confie à Jeune Afrique que l’idée initiale était de le placer en détention, pour démontrer qu’aucun fils du président ne pouvait finir derrière les barreaux.
Mais Fame Ndongo a changé la donne.
Son soutien explicite à Baongla transforme l’affaire. La procédure judiciaire, déjà fragile dans son habillage juridique, apparaît maintenant pour ce qu’elle est probablement : un instrument dans une rivalité entre clans, autour de la succession de Paul Biya. Franck Biya est présenté par la présidence comme étranger à la convocation. Pourtant, des plaintes seraient en préparation, au Cameroun et en Europe, selon une source proche de Baongla.
La présidence, elle, n’a jamais démenti publiquement la filiation revendiquée par Baongla.
Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l’actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l’Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s’attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu’ils soient au pays ou dans la diaspora.



