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« Douala et Yaoundé, c’est des poubelles »


Ce n’est pas un opposant qui parle. C’est un maire RDPC. Sur le plateau de Canal Presse, Jean Baptiste Amvouna Atemengue, maire de Ngoumou, a lâché une vérité qui fait mal : « Douala et Yaoundé ne sont plus des villes, c’est des poubelles. On n’a plus de villes au Cameroun. On est sous des tôles noirâtres, l’insalubrité partout. » Une sortie en direct qui secoue la toile camerounaise.

Ce qu’un maire du parti au pouvoir a osé dire

Jean Baptiste Avouna Atemengue n’est pas un inconnu. Élu sous les couleurs du RDPC — le parti du président Paul Biya — il dirige la commune de Ngoumou, dans la région du Centre. Ce n’est donc pas un opposant qui tire à boulets rouges sur la gestion urbaine du pays. C’est un homme du sérail.

Et pourtant, ses mots sont directs, sans détour : les deux plus grandes villes du Cameroun, Douala avec ses 4 millions d’habitants et Yaoundé avec près de 3 millions, ont perdu leur visage de métropoles. Les caniveaux débordent, les ordures s’accumulent, les tôles rouillées s’entassent dans les quartiers. L’image est sévère — et pour beaucoup de Camerounais, elle est exacte.

Quand la vérité vient de l’intérieur

Ce qui donne du poids à cette déclaration, c’est précisément sa source. Dans un contexte politique camerounais où la critique du pouvoir est souvent vue comme un acte d’opposition, entendre un élu RDPC dénoncer publiquement l’état de ses propres villes est rare.

Le problème de l’insalubrité à Douala et Yaoundé n’est pas nouveau. Des structures comme HYSACAM assurent théoriquement la collecte des déchets dans les deux capitales. Mais les résultats sont largement insuffisants face à la croissance démographique galopante et à l’urbanisation incontrôlée. Des quartiers entiers — Melen, Nkolfoulou, New Bell, Bonamoussadi — vivent avec des dépotoirs sauvages à quelques mètres des habitations.

La déclaration du maire de Ngoumou tombe comme un aveu collectif : le problème est connu, documenté, visible. Ce qui manque, c’est la volonté politique d’y répondre sérieusement.



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