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Cameroun – Présidentielle 2025 : Issa Tchiroma défie la loi


Coup de théâtre à Yaoundé ! Une semaine après la présidentielle du 12 octobre, Issa Tchiroma Bakary a publié dans la nuit du 19 au 20 octobre une série de procès-verbaux qu’il affirme être issus du scrutin et qui, selon lui, lui accorderaient une avance « incontestable ». Mais déjà, des doutes planent sur l’authenticité des documents et des erreurs de calcul relevées jettent une ombre sur cette initiative. « Si ces chiffres sont vrais, pourquoi ne pas attendre la décision du Conseil constitutionnel ? », s’interroge un observateur politique. Le Cameroun entre dans une nouvelle zone de turbulence.

Des procès-verbaux au cœur de la polémique

Le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), connu pour son verbe fort, affirme détenir des PV provenant de 18 départements, représentant selon lui près de 80 % de l’électorat national. Il cite notamment le Mfoundi (Yaoundé), le Littoral (Douala), la Bénoué, la Mifi et la Menoua, comme zones où il serait arrivé largement en tête.

Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux, Issa Tchiroma déclare :

« Le peuple a voté massivement pour le changement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. J’appelle le président sortant à quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne le quitte. »

Une sortie qui a aussitôt provoqué un séisme médiatique et politique. Plusieurs partisans de l’opposition y voient un acte de courage, tandis que des experts électoraux dénoncent un « geste prématuré » qui pourrait troubler la sérénité du processus.

Le camp du pouvoir dénonce une “mise en scène”

Quelques heures après cette déclaration, la riposte du pouvoir ne s’est pas fait attendre. Jacques Fame Ndongo, ministre d’État et proche du président Paul Biya, a qualifié la démarche du candidat de

« bouffonnerie et de schizophrénie politique ».

Il a ajouté :

« Personne n’écoutera cette affabulation faisandée. Les Camerounais sont des citoyens responsables qui attendront calmement la décision du Conseil constitutionnel. »

Selon plusieurs observateurs à Yaoundé, les PV publiés par le FSNC comporteraient des incohérences manifestes, notamment des taux de participation supérieurs au nombre d’électeurs inscrits. Certains y voient une stratégie de pression sur les institutions pour influencer la perception publique avant la proclamation officielle attendue le 23 octobre.

Un bras de fer politique à haut risque

Cette sortie médiatique relance le débat sur la crédibilité du processus électoral et le rôle des institutions dans un climat de tension. Si le Conseil constitutionnel reste la seule instance habilitée à proclamer les résultats, l’opinion publique s’interroge : ces publications visent-elles à anticiper une contestation ou à préparer une mobilisation populaire ?

Pour un politologue basé à Douala,

« Issa Tchiroma joue une carte risquée : celle du bruit médiatique avant la légalité institutionnelle. Mais il connaît le terrain. Il veut occuper l’espace avant le verdict. »

Entre impatience et prudence, les Camerounais suivent avec attention ce duel de chiffres et de discours, symbole d’un pays où la bataille politique se joue désormais aussi sur le terrain numérique.

Un climat d’attente sous tension

À l’approche de l’audience solennelle du Conseil constitutionnel, prévue le 23 octobre à 10h30, la tension monte dans les grandes villes. Les appels à la retenue et à la paix se multiplient. « Les résultats appartiennent à la loi, pas aux réseaux sociaux », rappelle un ancien membre d’ELECAM.

Reste à savoir si Issa Tchiroma Bakary maintiendra sa ligne offensive ou choisira de se conformer au verdict officiel. En attendant, la toile s’enflamme, et les Camerounais, eux, s’impatientent : qui sera finalement le président élu ?



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