(Investir au Cameroun) – La question de l’emploi et de l’entrepreneuriat a occupé une place centrale dans les politiques publiques camerounaises durant la période 2018-2025. Face à une population jeune représentant plus de 60 % de la population totale, le gouvernement a déployé une stratégie multidimensionnelle visant à créer des opportunités d’emploi et à stimuler l’esprit d’entreprise, particulièrement chez les jeunes et les femmes.
Le Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Agricoles (PDCVA), lancé en décembre 2016 mais pleinement déployé à partir de 2018, a constitué l’un des programmes phares de cette politique d’insertion professionnelle. À mars 2025, ce projet avait déjà incubé 1 770 jeunes et accompagné la création de 712 entreprises, dépassant l’objectif initial de 1 536 jeunes formés. Cette performance témoigne de l’appétit des jeunes Camerounais pour l’entrepreneuriat agricole et de l’efficacité des mécanismes d’accompagnement mis en place.
À mars 2025, ce projet avait déjà incubé 1 770 jeunes et accompagné la création de 712 entreprises, dépassant l’objectif initial. Cette performance témoigne de l’appétit des jeunes Camerounais pour l’entrepreneuriat agricole.
Ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large de modernisation de l’agriculture, secteur qui emploie encore une part significative de la population active camerounaise.

L’Agritech Innovation Challenge, initié en février 2025 sous l’impulsion du PATNUC et de ses partenaires, illustre parfaitement cette approche innovante de création d’emplois. Cette initiative vise à créer un écosystème favorable aux nouvelles solutions technologiques pour l’agriculture, à soutenir les jeunes entrepreneurs et à accélérer la transformation numérique du secteur. Elle entend également améliorer la productivité agricole et l’accès aux marchés pour contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Dans le secteur industriel, les grands projets d’infrastructure réalisés entre 2018 et 2025 ont généré des milliers d’emplois directs et indirects — même si aucun audit consolidé n’en livre le compte exact. La construction du barrage hydroélectrique de Nachtigal, la modernisation du port de Kribi et les nombreux projets de construction d’infrastructures routières ont mobilisé une main-d’œuvre importante, contribuant à réduire le chômage dans les régions concernées.
Le secteur privé a également bénéficié d’un soutien renforcé à travers l’Opération de Soutien au Secteur Privé Camerounais (OSSP-CMR). Selon les données communiquées par les services techniques, plus de 200 entreprises ont reçu en 2024 des appuis en équipements, intrants, certification et lignes de crédit. Cette approche directe a permis de consolider des emplois existants et d’en créer de nouveaux, particulièrement dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de l’agroalimentaire, du bois et du numérique.
Les femmes ont fait l’objet d’une attention particulière dans cette politique d’emploi et d’entrepreneuriat menée depuis 2018. Les projets structurants comme le PDCVA ont spécifiquement ciblé la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, reconnaissant leur rôle crucial dans le développement économique du pays. Avec près de 40 % des 1 770 emplois directs créés par des femmes, cette approche inclusive a commencé à réduire les inégalités de genre dans l’accès aux opportunités économiques.
Le développement du secteur numérique a ouvert de nouvelles perspectives d’emploi, particulièrement pour les jeunes diplômés. Le déploiement d’environ 10 000 à 18 000 km de câbles de fibre optique depuis 2018 a créé un écosystème favorable à l’émergence de start-ups et d’entreprises technologiques. Cette infrastructure numérique a également facilité le développement du télétravail et des services numériques, créant de nouveaux types d’emplois adaptés à l’économie moderne.
Les Zones Économiquement Sinistrées (ZES) ont bénéficié de mesures spécifiques pour stimuler l’emploi et l’entrepreneuriat durant cette période. Les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord ont pu profiter d’incitations fiscales attractives pour les nouveaux investissements, avec des exonérations totales pendant trois ans en phase d’installation et des exonérations d’Impôt sur les Sociétés pendant sept ans en phase d’exploitation.

Malgré ces efforts soutenus depuis 2018, des défis persistent. Le taux de chômage des jeunes reste une source d’attention pour les autorités, et l’économie informelle continue d’absorber une part importante de la main-d’œuvre. La nécessité de renforcer la formation professionnelle et technique pour adapter les compétences aux besoins du marché du travail demeure un enjeu majeur pour la période post-2025.
La nécessité de renforcer la formation professionnelle et technique pour adapter les compétences aux besoins du marché du travail demeure un enjeu majeur pour la période post-2025.
L’entrepreneuriat féminin, bien qu’en progression durant cette période 2018-2025, nécessite encore un accompagnement renforcé pour surmonter les barrières culturelles et financières. Les programmes de microcrédit et d’accompagnement technique doivent être étendus pour permettre à plus de femmes de créer et développer leurs entreprises, consolidant ainsi les acquis de cette période de transformation économique.



