Il y a quelque chose qui cloche dans cette histoire. Le gouvernement annonce deux sites sécurisés pour l’aéroport international de Tiko et une entreprise déjà désignée pour les travaux, Betan Energy. Sauf que son PDG, Wilson Dacosta, purge actuellement une peine de 20 ans de prison aux États-Unis pour fraude électronique et usurpation d’identité aggravée.
Le patron derrière les barreaux mais son chantier annoncé
Le préfet du Fako, Viang Mekala, s’est montré optimiste lors d’une récente réunion sur l’avancement du dossier. Deux parcelles, l’une de 500 hectares et l’autre de 45, seraient déjà sécurisées pour accueillir l’aéroport. Le rapport de la commission a été transmis à Yaoundé en vue de la signature du décret déclarant les terrains disponibles.
« Nous avons deux entreprises : l’une sera chargée des études géotechniques et l’entreprise principale responsable de la construction est déjà connue », a-t-il affirmé à la télévision nationale. Cette entreprise principale, c’est Betan Energy. Et c’est là que le bât blesse.
Wilson Dacosta, à la tête de cette société, a été condamné aux États-Unis à 20 ans de réclusion. Le problème restant, selon le préfet, serait uniquement financier : « rendre les ressources financières disponibles ».
Une confiance difficile à justifier
Comment un projet stratégique pour le Sud-Ouest peut-il reposer sur une entreprise dont le dirigeant est incarcéré à l’étranger pour fraude ? La question mérite d’être posée, même si personne ne s’y est vraiment opposé publiquement jusqu’ici.
Le gouvernement a déjà promis, à plusieurs reprises, la relance de cet aéroport fermé depuis la centralisation du pouvoir à Yaoundé, après avoir fonctionné pendant la période de l’État fédéral. Aucune de ces promesses n’a jusqu’ici débouché sur des travaux concrets.
Le signal envoyé n’est pas rassurant. On attendait mieux qu’un contrat confié à une société dont le patron répond de fraude électronique et d’usurpation d’identité aggravée devant une juridiction américaine.
Les autorités locales évoquent une amélioration de la connectivité aérienne, du commerce et du tourisme régional. Mais tant que la situation judiciaire de Wilson Dacosta reste ce qu’elle est, ces perspectives ressemblent surtout à un pari risqué.
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l’énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.
Email: laurentdiby@237online.com

