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Wadagni élu président avec 94% des voix


Le Bénin a un nouveau président. Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des Finances sortant, a remporté l’élection présidentielle du 12 avril 2026 avec 94,05 % des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale autonome (CÉNA) dans la nuit du 13 au 14 avril. À 49 ans, il succède à Patrice Talon dont le mandat expire le 23 mai prochain.

Une victoire écrasante, une participation en hausse

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Wadagni a récolté 4 252 347 voix, contre seulement 269 433 pour son principal adversaire, Paul Hounkpè, candidat des Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), qui n’a obtenu que 5,95 %. L’écart est tel que Hounkpè n’a même pas attendu les résultats officiels pour reconnaître sa défaite et féliciter le vainqueur.

Le taux de participation s’établit à 58,75 % — en nette progression par rapport aux 39 % enregistrés lors des législatives du 11 janvier 2026, et supérieur aux 50 % de la présidentielle de 2021. Sur 7,89 millions d’électeurs inscrits, la mobilisation a donc été réelle.

À Cotonou comme dans les autres grandes villes, le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme. Le président de la CÉNA, Sacca Lafia, a évoqué des « volontés de perturbations dans certaines localités du nord », rapidement maîtrisées par les forces de sécurité. Observateurs nationaux et internationaux ont salué un scrutin ordonné.

La Cour constitutionnelle reste l’unique instance habilitée à proclamer les résultats définitifs. Elle dispose de cinq jours pour le faire.

La continuité comme programme, des défis comme héritage

Wadagni n’est pas un inconnu. Depuis 2016, il est l’un des principaux architectes de la politique économique de Talon : assainissement budgétaire, modernisation du port de Cotonou, amélioration du climat des affaires. Sa colistière, Mariam Chabi Talata, occupera le poste de vice-présidente.

Son programme, placé sous la vision « Plus loin, ensemble », entend faire passer le Bénin d’une économie primaire à un modèle industrialisé, numérisé et mieux intégré régionalement. Une ambition forte — mais le nouveau président hérite aussi d’un nord du pays de plus en plus exposé aux incursions jihadistes venues du Burkina Faso et du Niger.

Sur le plan politique, la question d’un espace démocratique plus ouvert reste posée. Avec un score de 94 %, difficile de parler d’une compétition pluraliste au sens plein du terme.

Romuald Wadagni prendra officiellement ses fonctions après l’investiture, prévue fin mai. Le Bénin entre dans une nouvelle séquence politique — dans la continuité assumée, mais face à des défis sécuritaires et sociaux qui ne tolèrent pas le statu quo.



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