Un major de l’armée américaine a été arrêté et inculpé pour avoir prétendument fourni un soutien financier et tactique aux séparatistes anglophones du Cameroun. Kenneth Chungag, 50 ans, infirmier militaire basé à Fort Belvoir en Virginie, est originaire du Cameroun. Il a été relâché après une audience préliminaire, les procureurs n’ayant pas demandé sa détention provisoire.
Ce que l’on sait de l’affaire Chungag
Kenneth Chungag est accusé d’avoir utilisé ses compétences militaires acquises au sein de l’US Army pour appuyer des combattants séparatistes actifs dans les régions anglophones du Cameroun. Soutien financier, appui tactique — c’est ce que retient l’acte d’accusation.
Son avocat affirme que son client est « consterné » par ces allégations.
Une deuxième personne a été arrêtée dans la même affaire : Mercy Akwi Ombaku. Elle aussi a été libérée après l’audience préliminaire. Les deux suspects ne sont donc pas en détention, mais les charges pesant contre eux restent actives.
Ce dossier s’inscrit dans une série d’affaires similaires. En 2023, Eric Nji, un Camerounais de 42 ans vivant dans le Maryland, avait été condamné à 63 mois de prison fédérale pour tentative de trafic d’armes et de munitions via le port de Baltimore — destinées, selon les autorités, aux combattants séparatistes. Chris Anu, figure connue du mouvement séparatiste basée aux États-Unis, avait vu son domicile perquisitionné par une équipe SWAT. Eric Tataw, lui, a été inculpé par un tribunal américain pour complot visant à soutenir des groupes armés et pour menaces contre des civils.
Pourquoi Washington s’implique aussi loin
Ce n’est pas un hasard si les États-Unis poursuivent activement ces dossiers. Le pays accueille une diaspora camerounaise importante, et une partie de celle-ci est engagée — à des degrés divers — dans le conflit qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016. Financer ou coordonner des groupes armés depuis le sol américain tombe sous le coup de lois fédérales antiterroristes très précises.
Pourtant, l’arrestation d’un militaire en activité représente un cran supplémentaire dans cette séquence judiciaire. Un officier qui aurait retourné ses compétences contre les intérêts d’un État allié — c’est une ligne que Washington prend très au sérieux.
Le signal est clair : la diaspora pro-séparatiste basée aux États-Unis est sous surveillance étroite, et les arrestations ne semblent pas près de s’arrêter.
Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l’actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.



