un commissaire de police limogé par Biya en mai 2026


Un commissaire de police camerounais vient d’être limogé par le président Paul Biya. L’arrêté N° 0402/CAB/PR, signé le 21 mai 2026 à Yaoundé, relève Meh Kangha Michael, Mle 0599451U, de son poste de Chef de Section de Contrôle de la Voie Publique à l’Unité Régionale de la Division Spéciale de Contrôle des Services du Nord. La raison invoquée : un dossier disciplinaire constitué à son encontre.

Un limogeage fondé sur une faute disciplinaire

L’arrêté est signé. La décision est effective à compter de la date de sa signature, sans délai de grâce ni période transitoire.

Meh Kangha Michael occupait un poste sensible. Chef de section au sein de la Division Spéciale de Contrôle des Services, une structure chargée de surveiller le comportement des agents de la Sûreté Nationale dans la région Nord, il était en quelque sorte un contrôleur des contrôleurs. C’est ce qui rend ce limogeage particulièrement notable.

Le document présidentiel cite explicitement « le dossier disciplinaire constitué à l’encontre » du commissaire comme base légale de la révocation. Aucun détail sur la nature des faits reprochés n’apparaît dans l’arrêté. On ne sait pas encore si une procédure judiciaire suivra ou si la sanction administrative reste la seule mesure envisagée.

L’exécution de l’arrêté est confiée au Ministre des Finances et au Délégué Général à la Sûreté Nationale, chacun pour ce qui le concerne.

Quand la Sûreté Nationale se surveille elle-même

Ce type de sanction reste rare dans sa forme, même s’il n’est pas sans précédent. Relever un commissaire par arrêté présidentiel direct, sans passer par une révocation discrète ou un simple redéploiement, c’est un message envoyé à toute la hiérarchie policière.

La Division Spéciale de Contrôle des Services existe précisément pour prévenir les dérives au sein des forces de l’ordre. Qu’un de ses propres cadres fasse l’objet d’un dossier disciplinaire crée une sorte de situation absurde. Qui surveille les surveillants ?

Plusieurs textes réglementaires sont visés dans l’arrêté : le décret de 2001 sur l’échelonnement indiciaire des cadres de la Sûreté Nationale, le statut spécial du corps des fonctionnaires de police adopté en 2012, modifié en 2017. Le cadre légal est solide. La volonté politique de l’appliquer, elle, semble affirmée.

Le signal est clair : aucun grade ne protège d’une sanction disciplinaire, même au sein des structures de contrôle interne.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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