Un braquage armé, quatre millions de FCFA emportés, et un chef de village au milieu de l’affaire. Les faits se sont déroulés dans la nuit à Sakawo, département du Mayo-Kani, région de l’Extrême-Nord. Un journaliste local aurait résumé la chose sans détour : « Franchement, quand un chef traditionnel se retrouve derrière un braquage, ça dit long sur ce qui se passe dans ces villages. »
Une nuit de terreur à Sakawo
Il est environ 1h du matin quand quatre hommes cagoulés font irruption chez Moussa Younoussa. Armés d’une Kalachnikov, ils exigent le code d’accès au coffre-fort de la maison. L’homme dit avoir oublié le mot de passe, une excuse que les malfrats jugent peu convaincante.
Pour le faire parler, ils s’en prennent à sa femme et ses enfants sous ses yeux. Le coffre finit par s’ouvrir. À l’intérieur, 4 millions de FCFA, une somme largement en dessous des 10 millions que les braqueurs pensaient trouver.
Avant de partir, les assaillants laissent un numéro de téléphone. Ils réclament les 6 millions manquants et menacent de revenir si Moussa Younoussa refuse de payer.
Le militantisme politique n’a pas suffi
Le commissaire de Moulvoudaye mobilise ses hommes quelques jours plus tard. Le numéro laissé par les criminels devient la faille qui va tout faire basculer, puisque les appels incessants réclamant l’argent permettent aux enquêteurs de remonter jusqu’aux suspects.
Le traçage conduit à l’arrestation d’Idrissou Souley, chef du village Dalewao, de Mara Houi, notable à la chefferie Doumrou, et d’un troisième complice. Difficile de ne pas y voir un aveu implicite dans cette affaire, tant les liens entre les suspects et le crime semblent directs.
L’un des chefs arrêtés portait les couleurs du parti au pouvoir. Ça n’a visiblement pas suffi à impressionner les enquêteurs. Il refuse toujours de dénoncer le quatrième complice, toujours en fuite selon les autorités locales.
C’est un signal clair envoyé aux autorités traditionnelles de la région.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

