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Sotrabus va fabriquer des blindés pour l’armée


Le Cameroun franchit un cap industriel et militaire inédit. Le 8 avril 2026, à Yaoundé, le ministère de la Défense a signé des conventions de partenariat avec trois entreprises industrielles, dont Sotrabus, société camerounaise qui s’engage à produire localement des véhicules blindés tactiques pour les Forces de Défense et de Sécurité. Une première dans l’histoire du pays.

Des blindés made in Cameroun

Le projet porté par Sotrabus est précis : produire et mettre en service des véhicules blindés tactiques conformes au standard STANAG 4569, niveau BR6. Ce sont des engins de protection militaire de haut niveau, conçus pour résister aux menaces balistiques et aux explosions.

La cérémonie s’est tenue en présence du ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, mais aussi des ministres des Finances, de l’Économie, de la Planification, du Secrétaire d’État à la Gendarmerie et du Chef d’État-Major des Armées. Un plateau de haut rang qui illustre l’importance accordée à ce projet.

Derrière Sotrabus, on retrouve Albert Mbafe Konkou, homme d’affaires camerounais connu comme PDG de Trésor Voyages (anciennement Kami Voyages), l’une des grandes agences de transport du pays. Avec Sotrabus, il diversifie son portefeuille vers l’industrie lourde et la défense nationale.

Deux autres projets ont été signés lors de cette même cérémonie : la société Cameroon International Business (CIB) prend en charge une usine de production de pièces mécaniques, tandis qu’Accenture Technologies fournira des casques de protection et des gilets pare-balles avec plaques balistiques.

Un tournant stratégique pour la souveraineté militaire

Le ministre Beti Assomo a été direct dans son message : « La véritable souveraineté ne se déclame pas. Elle se construit. Les projets que nous engageons aujourd’hui participent de cette ambition, celle de bâtir une industrie de défense souveraine. »

Ces conventions s’inscrivent dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND 30), qui vise notamment le développement d’une industrie militaire endogène. Dans un contexte sécuritaire tendu — Boko Haram à l’Extrême-Nord, crise anglophone dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest — la capacité à produire localement des équipements militaires n’est plus un luxe, c’est une nécessité stratégique.

Dépendre de l’extérieur pour l’équipement des soldats a longtemps été une contrainte. Ces partenariats industriels ouvrent une nouvelle voie.

Si ces projets tiennent leurs engagements, le Cameroun pourrait devenir l’un des rares pays d’Afrique centrale à fabriquer ses propres véhicules blindés. Une ambition à suivre de près.



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