Socapalm dément la vidéo du python géant à Dibombari


Une vidéo circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, prétendant montrer un serpent géant dans la plantation Socapalm de Dibombari. La Société Camerounaise de Palmeraies a réagi ce 25 mai dans un communiqué relayé par Économie du Cameroun : c’est faux. La vidéo viendrait d’Indonésie. Et des poursuites judiciaires sont annoncées.

Ce que dit Socapalm

L’entreprise est formelle. Après expertise, la vidéo montre un python réticulé, une espèce qui ne vit pas au Cameroun. Elle aurait été tournée en Indonésie, récupérée, puis habillée d’un contexte local inventé de toutes pièces pour faire croire à une découverte dans la plantation de Dibombari, dans la région du Littoral.

C’est du recyclage numérique. Pas une erreur, une manipulation.

La mécanique est connue : on prend une image choc venue d’ailleurs, on lui colle un nom de lieu familier, et la machine s’emballe. Des milliers de partages, une réputation entamée, et rarement de démenti qui circule aussi vite que l’intox initiale.

Mais l’affaire prend un tour plus grave avec l’utilisation du nom du journaliste Xavier Messè. Son identité aurait été employée sans autorisation pour crédibiliser la vidéo, lui donnant une apparence d’information vérifiée. Socapalm qualifie cela d’atteinte à sa réputation et, par ricochet, à celle d’un professionnel des médias.

Poursuites judiciaires et question de fond

La société annonce qu’elle engagera des poursuites sur la base des lois camerounaises relatives à la cybercriminalité. On ne sait pas encore si une plainte a déjà été déposée ni contre qui elle serait dirigée, les auteurs de ce type de montage restant souvent difficiles à identifier rapidement.

Ce fait-check arrive dans un contexte où la désinformation sur les espaces ruraux et industriels du Cameroun se multiplie, souvent portée par des comptes anonymes ou des groupes WhatsApp incontrôlables. Les entreprises agro-industrielles en sont fréquemment les cibles, parfois par concurrence, parfois par simple appât du clic.

La réaction rapide de Socapalm est un signal utile. Prendre le temps de publier un démenti technique, avec une explication sur l’espèce animale en cause, c’est une posture qui tranche avec le silence habituel face aux rumeurs.

Reste une question sans réponse facile : combien de personnes qui ont partagé la vidéo liront ce communiqué ?

Les poursuites judiciaires peuvent dissuader. Elles ne font pas reculer une vidéo déjà vue plusieurs milliers de fois.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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