(Investir au Cameroun) – Du 21 février au 1er mars 2026, le Cameroun participe au 62e Salon international de l’Agriculture de Paris (SIAP). À travers cette vitrine mondiale, le pays entend promouvoir ses produits phares et valoriser le savoir-faire de ses producteurs. Le nombre exact d’entreprises présentes n’a toutefois pas été communiqué par la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts du Cameroun (Capef), qui coordonne la participation nationale.
Selon une source au sein de la Capef, le Cameroun dispose d’un stand où sont exposés le café, le cacao et ses dérivés, les graines de courge, divers assaisonnements ainsi que le poivre de Penja. Cette épice, produite sur les terres volcaniques du Moungo (région du Littoral), bénéficie d’une notoriété internationale. Son exposition à Paris a souvent été soutenue par l’Agence française de développement (AFD), qui a notamment accompagné sa labellisation en 2013.
Cette reconnaissance a transformé la filière : le prix du kilogramme est passé de 2 500 FCFA à plus de 14 000–20 000 FCFA, créant des opportunités d’investissement dans une activité qui emploie plus de 2 000 personnes.
Cacao et café, moteurs des recettes
Le cacao demeure le principal atout du Cameroun à l’export. En 2024, les recettes issues du cacao et de ses dérivés ont dépassé 1 000 milliards FCFA, portées par la flambée des cours internationaux et une demande soutenue, notamment en Europe. Avec une production de 266 725 tonnes pour la campagne 2023-2024, la filière a supplanté le pétrole comme pilier des exportations nationales.
Cette dynamique pourrait toutefois s’essouffler. Des analystes anticipent une production mondiale excédentaire lors de la campagne 2025-2026, susceptible de peser sur les prix et donc sur les recettes d’exportation.
Le café camerounais affiche également une reprise. En 2025, la production commercialisée a atteint 11 637 tonnes, en hausse de 10 %, pour une valeur de 3,5 milliards FCFA, soit plus du triple des niveaux antérieurs. Les performances concernent principalement le robusta, variété pour laquelle le Cameroun se positionne parmi les producteurs compétitifs à l’international.
Un levier de partenariats commerciaux
Au-delà de la promotion institutionnelle, la présence à Paris vise à sécuriser des débouchés et à conclure de nouveaux partenariats commerciaux. L’objectif affiché est d’augmenter les recettes d’exportation et de consolider la place des produits camerounais sur des marchés exigeants en matière de qualité et de traçabilité.
Dans un contexte de volatilité des prix agricoles mondiaux, la stratégie repose sur la différenciation, la labellisation et la montée en gamme pour soutenir durablement les revenus des filières.
Frédéric Nonos
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