« Performances médiocres actuellement enregistrées. » La phrase figure noir sur blanc dans le message adressé par le ministre de l’Administration territoriale à tous les sous-préfets du Cameroun. Le recensement général de la population et de l’habitat, couplé au recensement agricole, doit se terminer le 31 juillet 2026. Sauf que sur le terrain, beaucoup de Camerounais affirment n’avoir jamais vu un agent recenseur.
Un message très urgent signé Atanga Nji
Le document, référencé N°000136/MFX/MINAT/SG/DOT et daté du 17 juillet 2026, ne fait pas dans la nuance. Atanga Nji Paul y demande aux sous-préfets, sous couvert des gouverneurs et préfets, de mobiliser chefs traditionnels, responsables politiques, religieux, élus et forces vives pour appuyer les agents recenseurs. Il leur ordonne aussi de se rendre personnellement sur le terrain, et ce quotidiennement, jusqu’à la clôture des opérations.
Le ministre exige un rapport quotidien de l’évolution du dénombrement dans chaque circonscription. La formule est sans détour : les performances jugées médiocres dans certaines unités administratives doivent être corrigées en urgence, au plus tard le 31 juillet 2026.
Un journaliste camerounais qui lit ça se dit forcément la même chose : « Ils lancent la mobilisation générale à 15 jours de la fin, franchement ? »
Sur les réseaux, la colère des citoyens jamais recensés
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Auguste Teunga affirme n’avoir « jamais rencontré un agent recenseur » depuis le lancement de la phase opérationnelle. Ken Buchanan se demande si sa maison et lui sont « seulement invisibles ». Jean Paul Djonyang Krang dit la même chose, presque mot pour mot, preuve que le problème dépasse un cas isolé.
Amit Ngapna Nkome tourne l’affaire en dérision, notant que c’est « à la fin du recensement qu’on demande de mobiliser les forces vives ». Jean Pierre Noumbissi va plus loin et propose carrément d’attribuer les populations par région comme lors des élections, une pique qui en dit long sur la défiance ambiante.
Difficile de ne pas y voir un aveu implicite. Si le ministère instruit une mobilisation d’urgence à quelques jours de l’échéance, c’est que le maillage du territoire n’a pas fonctionné comme prévu. Le signal est clair, et il n’est pas bon.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

