Aïcha Kamoise ne rentre pas en France de sitôt. La blogueuse, poursuivie par Steven Nbienou pour des publications diffamatoires, est bloquée au Cameroun dans l’attente de son procès fixé au 23 juin.
Son passeport lui a été retiré. Et une autre épée de Damoclès plane sur elle — une question de nationalité qui pourrait tout compliquer.
« Prenez le cahier, vous notez » — la sortie maladroite d’une femme sous pression
Depuis sa libération, Aïcha Kamoise a repris la parole. Pas pour s’expliquer sur le fond — mais pour tenter de contrôler ce que ses abonnées disent sous ses publications. « Je vous interdis de prononcer le nom des gens sur ma page« , a-t-elle lancé dans un live récent, avant d’ajouter : « Prenez le cahier, vous notez.«
Elle a même basculé en Nguemba, le dialecte de Bamendjou, son village natal. Un glissement révélateur.
Quand les mots français ne suffisent plus, on revient à ce qu’on connaît.
Mais derrière la mise en scène, le message est clair : elle sait que chaque mot prononcé sous ses posts peut se retourner contre elle devant le tribunal. Le procès du 23 juin est dans toutes les têtes — y compris la sienne.
Passeport retiré, double nationalité — les ennuis s’accumulent
Aïcha Kamoise est bloquée. Son passeport lui a été retiré dans le cadre de la procédure judiciaire en cours. Impossible de quitter le territoire avant l’audience du 23 juin. Et si le dossier est renvoyé à une date ultérieure, le séjour forcé au Cameroun pourrait se prolonger bien au-delà de ce qu’elle envisageait.
Ce n’est pas tout. Des sources proches du dossier indiquent qu’elle serait détentrice d’une carte nationale d’identité camerounaise — alors qu’elle est de nationalité française. Le problème est sérieux. Le Cameroun n’autorise pas la double nationalité. Détenir simultanément des documents officiels des deux pays n’est pas une simple irrégularité administrative — c’est un délit au regard de la loi camerounaise.
Concrètement, cela signifie qu’elle pourrait faire l’objet d’une procédure distincte, indépendante du procès Nbienou.
Une accusation qui s’ajoute à une autre. Et chaque couche supplémentaire rend la sortie judiciaire
un peu plus incertaine. Le 23 juin approche. Steven Nbienou attend que la vérité soit établie devant un tribunal. Aïcha Kamoise, elle, accumule les complications — judiciaires, administratives, et désormais peut-être pénales.
🟢 ✅ Article vérifié par la rédaction de 237online
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.



