Ngannou KO Lins au 1er round et défie Jon Jones à Los Angeles


Francis Ngannou est de retour. Le Camerounais de 39 ans a mis fin au combat contre le Brésilien Philipe Lins en moins d’un round, samedi 16 mai 2026 à l’Intuit Dome de Los Angeles, lors du premier événement MVP MMA diffusé sur Netflix. Un KO brutal, une déclaration de guerre immédiate à Jon Jones, et un chèque de 1,5 million de dollars. Le Prédateur n’a pas perdu de temps.

Quelques minutes. Un crochet. Rideau.

La mécanique du combat était lisible dès les premières secondes. Ngannou est entré dans la cage avec cette agressivité froide qu’on lui connaît, ni précipitation ni hésitation. Il a d’abord travaillé debout, testant les distances, cherchant l’ouverture. Philipe Lins, qui avait pourtant une certaine expérience au niveau international, n’a jamais semblé en mesure de dicter quoi que ce soit.

Le Camerounais a placé des coups de coude au sol après un premier takedown, histoire de montrer qu’il était prêt à combattre partout. Mais c’est debout que tout s’est terminé. Un crochet du gauche d’une violence rare, Lins s’effondre, l’arbitre intervient. Le combat était plié.

C’est expéditif. Presque trop propre pour un retour après un an et demi d’absence.

Depuis octobre 2024 et sa victoire contre Renan Ferreira à la PFL, Ngannou n’avait plus mis les pieds dans une cage de MMA. Entre temps : des interrogations sur son avenir, sa sortie de la PFL, ses combats de boxe anglaise contre Tyson Fury et Anthony Joshua, et les spéculations habituelles sur son état physique à 39 ans. Samedi soir, il a répondu à tout ça en moins d’un round.

Après le combat, au micro, il n’a pas cherché les nuances : « Je suis le meilleur. Point final. »

Jon Jones était dans la salle. Et Ngannou l’a regardé dans les yeux.

Là, ça devient vraiment intéressant.

Jon Jones, considéré par beaucoup comme le meilleur combattant de l’histoire du MMA, était présent à Los Angeles en tant que consultant pour Netflix. Officiellement retraité depuis juin 2025, il observait depuis une chaise sur le plateau quand Ngannou a pris le micro après sa victoire.

« Ce soir, Jon Jones était juste un fan qui regardait mon combat », a lancé le Camerounais en fixant Jones de loin, depuis la cage. Le message était destiné à une seule personne dans la salle.

Mais le combat est-il seulement possible ?

La réponse honnête : on ne sait pas encore. Et la situation est plus complexe qu’elle n’y paraît. Jones avait signé à l’UFC en 2023 pour un bail annoncé à huit combats. Il n’en a disputé que deux, contre Ciryl Gane et Stipe Miocic. Dana White, pas réputé pour sa générosité en négociations, pourrait très bien tenir l’Américain lié contractuellement, même en retraite. D’autres combattants sont passés par là avant lui.

Ngannou, lui, est libre. Sorti de la PFL, sous contrat unique avec MVP Promotions pour ce seul combat de samedi, il peut aller où il veut. Et ce qu’il veut, tout le monde dans la salle le savait.

« Jones est un grand combattant, un des meilleurs de l’histoire. Mais en termes de business, il a encore à apprendre », a déclaré Ngannou, en référence à sa propre décision de quitter l’UFC en 2023 faute d’accord financier satisfaisant. « S’il comprenait ça, il viendrait à moi pour faire ce combat. »

Robelis Desplaigne, autre poids lourd vainqueur par KO dans la même soirée, a réclamé la tête du Camerounais. Personne dans la salle de presse ne semblait vraiment concerné. Ce que tout le monde veut voir, c’est Ngannou et Jones dans une cage, une bonne fois pour toutes.

1,5 million de dollars et une soirée historique pour le MMA

Il y a aussi les chiffres. Et ils racontent quelque chose d’important sur ce que représente cette nouvelle organisation.

Selon la Commission athlétique de l’État de Californie, qui supervisait l’événement, Francis Ngannou a perçu 1,5 million de dollars déclarés pour ce combat. C’est le deuxième salaire le plus élevé de la soirée, derrière Ronda Rousey qui a touché 2,2 millions de dollars pour son retour contre Gina Carano, la tête d’affiche officielle de la carte. Ces montants ne comprennent pas les éventuels bonus de l’organisation, ni les revenus liés à Netflix.

Pour comparaison : l’UFC verse habituellement 12 000 dollars pour la simple participation et 12 000 dollars supplémentaires en cas de victoire à ses combattants en début de contrat. Ici, aucun combattant du MVP MMA 1 n’a touché moins de 40 000 dollars. La différence est brutale.

Ronda Rousey, qui avait critiqué l’UFC pour ses bas salaires en affirmant que de nombreux combattants « vivent dans la pauvreté », a obtenu ce qu’elle voulait démontrer : qu’un autre modèle économique était possible. La soirée était diffusée sur Netflix, ce qui change structurellement le financement de l’événement et, par ricochet, la rémunération des athlètes.

Voilà le contexte dans lequel Ngannou a choisi de revenir. Pas l’UFC, pas la PFL. Un événement unique, sur la plus grande plateforme de streaming au monde, avec une liberté contractuelle totale. Il n’a pas renouvelé. Il a construit.

Ce parcours, il faut le rappeler, part de loin. Batié, un village de l’Ouest Cameroun, quelques mois à dormir dans la rue à Paris, les premiers combats en Europe, l’UFC, le titre mondial, la rupture avec Dana White, la boxe anglaise contre Fury et Joshua, et maintenant Los Angeles sur Netflix. Chaque virage semblait improbable. Chaque fois, il a trouvé la sortie.

À 39 ans, Francis Ngannou reste une attraction mondiale. Ce n’est pas une nostalgie de champion. C’est une réalité sportive et commerciale que Saturday night a confirmée.

Rodrigue Batag

Rodrigue Batag

Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l’actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.


📰 Voir tous ses articles →



Source link

View Kamer

FREE
VIEW