Le ministère russe des Affaires étrangères a lancé ce lundi 25 mai un avertissement sans détour. Diplomates, ressortissants étrangers et personnels d’organisations internationales sont appelés à quitter Kiev « dès que possible ». Moscou annonce de nouvelles frappes sur la capitale ukrainienne. Les cibles visées : les « centres de décision » et les infrastructures du complexe militaro-industriel.
Ce que Moscou annonce
L’avertissement est formel. Aucun calendrier précis n’a été communiqué, mais le message est clair : des frappes sont prévues sur Kiev. Les habitants de la capitale sont également exhortés à s’éloigner des zones proches des infrastructures militaires et administratives.
Ce n’est pas une première. Mais le fait que Moscou prévienne publiquement les diplomates représente une escalade rhétorique difficile à ignorer.
Le week-end précédant cette annonce a été particulièrement violent. Plusieurs régions ukrainiennes ont été visées par une vague de frappes qui aurait fait plusieurs morts et de nombreux blessés, selon les autorités ukrainiennes. Kiev a été touchée. La Russie a aussi confirmé avoir utilisé à nouveau le missile « Orechnik », un système de nouvelle génération présenté comme stratégiquement avancé. C’est la deuxième ou troisième utilisation connue de cette arme depuis son introduction sur le théâtre ukrainien, vers fin 2024.
Rien ne confirme à ce stade l’ampleur exacte des dégâts causés par ces dernières frappes.
Ce que ça change, ou pas
Appeler publiquement les diplomates à partir, c’est un signal. Pas nécessairement une garantie que les frappes auront lieu dans les heures qui suivent, mais une pression psychologique assumée sur les chancelleries encore présentes à Kiev.
Plusieurs pays maintiennent leurs ambassades dans la capitale ukrainienne malgré la guerre, un choix politique fort depuis le début du conflit en 2022. Si certains commencent à plier bagage, ce sera lu comme un signe de faiblesse diplomatique par Kyiv, et comme une victoire par Moscou.
Pour les Camerounais et les Africains encore en Ukraine, la situation mérite attention. On ne sait pas combien de ressortissants camerounais se trouvent encore à Kiev, mais les chancelleries africaines présentes dans la ville sont directement concernées par cet avertissement.
Le signal est mauvais. Et l’escalade verbale de Moscou, répétée depuis des mois, commence à dessiner un schéma préoccupant.
La réponse des ambassades concernées dans les prochaines 48 heures dira beaucoup sur la manière dont cet avertissement est réellement pris au sérieux.
Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l’actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.

