(Investir au Cameroun) – La Nouvelle financière africaine (NOFIA S.A.), établissement de microfinance de deuxième catégorie basé à Douala, a été placée sous administration provisoire pour une durée de six mois. Cette mesure émane de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (Cobac) à travers la décision D-2025/134 du 25 juin 2025, rendue publique par communiqué officiel.
Créée en 2009 par arrêté ministériel n°03212/MINFI du 15 octobre 2009, la NOFIA S.A. voit ainsi son fonctionnement encadré afin d’éviter toute dégradation de sa situation financière.
Selon la Cobac, Bogni Ngueya a été désigné administrateur provisoire de la NOFIA S.A. Il lui revient « d’assurer la continuité des activités essentielles de l’établissement, tout en prenant les mesures nécessaires pour rétablir rapidement les conditions normales d’exploitation », précise le communiqué.
Cette nomination s’inscrit dans le cadre des mesures de sauvegarde prévues par la réglementation communautaire. L’administration provisoire est en effet déclenchée lorsqu’un établissement de microfinance fait face à des difficultés susceptibles de compromettre sa stabilité ou la protection des dépôts des clients.
La NOFIA nourrissait autrefois de fortes ambitions de développement. Sous l’impulsion de son promoteur, David Manfouo, l’établissement visait à s’imposer comme un acteur majeur de la microfinance au Cameroun. Avant la décision de la COBAC, il comptait plus d’une quinzaine d’agences opérationnelles à travers le territoire national.
En septembre 2017, la microfinance avait notamment signé une convention de partenariat avec la Cameroon Women Business Leaders Association (CWBLA), un regroupement d’opératrices économiques. L’objectif affiché était alors de « faciliter l’accès des femmes entrepreneures au crédit et de trouver des solutions aux obstacles rencontrés par les porteuses de projets ».
La décision de la Cobac s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue sur la solidité du secteur de la microfinance au sein de la zone Cemac. Ces dernières années, plusieurs établissements ont été placés sous administration provisoire ou liquidés, dans un effort de la Banque centrale et de la Cobac pour préserver la confiance des épargnants et renforcer la résilience du système financier sous-régional.
Amina Malloum



