Joseph Monthe, 63 ans, figure reconnue de la musique liturgique camerounaise, est hospitalisé à Bafang dans une situation de grande précarité. Sans retraite suffisante pour couvrir ses soins, il attend un soutien qui ne vient pas. Celui de l’Église catholique du Cameroun, à laquelle il a pourtant consacré une part importante de son œuvre musicale et spirituelle.
Un artiste au service de l’Église, aujourd’hui seul face à la maladie
Le parcours de Joseph Monthe est bien documenté dans les milieux musicaux et liturgiques camerounais. Compositions en langue féfé, musique d’Église, collaborations artistiques, formation académique solide — son œuvre a accompagné des générations de célébrations religieuses et nourri un patrimoine liturgique vivant.
Aujourd’hui, cet homme est hospitalisé à Bafang, dans la région de l’Ouest, confronté à une précarité financière extrême. Ses droits d’auteur, gérés via les structures habituelles, ne suffisent pas à couvrir ses soins. Aucun filet de sécurité sociale ne semble avoir pris le relais.
Ce qui frappe, c’est l’absence de réaction visible de l’institution à laquelle il a le plus contribué. Aucune initiative publique structurée de la hiérarchie ecclésiale n’a été clairement identifiée dans son soutien médical ou financier. La Conférence épiscopale nationale du Cameroun n’a formulé aucune communication officielle sur ce cas.
Le silence de l’Église : une image qui se fissure
Deux lectures sont possibles. Soit une aide existe mais reste discrète et non rendue publique. Soit aucune réponse structurée n’a été activée à la hauteur de la situation. Dans les deux cas, le déficit de visibilité produit le même effet dans l’opinion : celui d’une indifférence institutionnelle.
C’est là que le bât blesse. L’Église catholique rappelle régulièrement, dans sa doctrine sociale, l’obligation de solidarité envers les plus fragiles — en particulier ceux qui ont contribué à sa mission pastorale. Mais la charité proclamée ne devient crédible que lorsqu’elle est observable.
Aucun appel national à la solidarité, aucun fonds spécifique, aucune mobilisation visible. Ce vide interroge sur un problème plus large : comment l’Église organise-t-elle la protection de ses artistes, musiciens et collaborateurs informels une fois leur contribution passée ?
L’émotion autour du cas de Joseph Monthe dépasse la personne. Elle met en lumière l’absence de dispositif structuré pour ceux qui ont servi l’institution sans jamais en être salariés au sens strict.



