Le pari semblait fou. Lors d’un live TikTok diffusé il y a quelques jours, Issa Tchiroma Bakary avait lancé une condition publique à son retour au Cameroun : que les citoyens inscrivent « Je suis prêt » sur leurs véhicules. Le phénomène est en train de se matérialiser dans plusieurs villes du pays. Et la question d’un retour dans les 48 heures devient soudainement moins théorique.
Un défi TikTok qui déborde dans la rue
C’est parti d’un live. Tchiroma Bakary, depuis l’étranger où il se trouve après la présidentielle du 12 octobre 2025, avait fixé lui-même la barre : il rentrerait quand les Camerounais montreraient publiquement qu’ils sont prêts à l’accueillir, en inscrivant ce message sur leurs « engins roulants », pour reprendre ses propres mots.
Personne ne pensait que ça irait aussi loin aussi vite.
Des véhicules arborant la mention « Je suis prêt » circulent maintenant dans plusieurs localités. Motos, voitures particulières, parfois des minibus. Le phénomène reste difficile à quantifier précisément, les images circulant surtout via les réseaux sociaux sans qu’aucun recensement sérieux n’ait été effectué. Mais la tendance est visible, et elle s’étend.
Ce que Tchiroma a créé, consciemment ou non, c’est un outil de mobilisation à coût zéro. Pas besoin de meeting. Pas besoin de financement de campagne. Juste un marqueur feutre et une vitre de voiture.
Retour imminent ou pression symbolique ?
Tchiroma lui-même a évoqué un retour « dans 48h » si la condition était remplie. On ne sait pas encore si ce délai était une formule rhétorique ou un engagement ferme. La frontière entre les deux est mince dans la communication politique camerounaise.
Ce qui est certain, c’est que le mouvement dépasse maintenant le cadre du FSNC. Des sympathisants sans affiliation partisane claire participent au phénomène, au moins sur les réseaux. Si le retour se confirme, il faudra voir quel dispositif d’accueil est prévu, et surtout, quel accueil les autorités réserveront à un homme dont le parti vient de boycotter les célébrations du 20 Mai.
C’est là que ça devient intéressant politiquement.
Un retour au Cameroun dans ce contexte ne serait pas anodin. Ce serait un acte politique fort, avec des risques judiciaires potentiels que ni le parti ni les observateurs n’ont publiquement chiffrés.
Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l’actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l’Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s’attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu’ils soient au pays ou dans la diaspora.

