Fini de percevoir un salaire sans mettre les pieds au bureau. Le Secrétaire Général de l’Assemblée nationale du Cameroun, Essian André Noël, a signé le 21 avril 2026 une note de service imposant une attestation de présence effective à tout agent souhaitant être rémunéré. Une mesure directement liée à la découverte de 150 fonctionnaires fantômes au sein de l’institution.
Ce que dit la note de service
Le document est court, mais son message est sans ambiguïté. Dans le cadre de la rationalisation de la chaîne solde de l’Assemblée nationale, le Secrétaire Général précise qu’il sera désormais exigé une attestation de présence effective valide, délivrée par les chefs de structures, pour tout traitement de salaire.
La note s’adresse à l’ensemble du personnel de l’institution et s’applique immédiatement. Le Secrétaire Général conclut en ces termes : « J’attache du prix au respect scrupuleux de cette mesure. »
En clair : sans présence prouvée, pas de paie.
Pourquoi une telle mesure était nécessaire
Cette décision n’est pas tombée du ciel. Elle fait suite à la découverte, lors d’un audit interne, de 150 agents fictifs inscrits dans les registres de l’Assemblée nationale et rémunérés chaque mois sans jamais avoir travaillé.
Sur ces 150 noms, 97 étaient rattachés au Cabinet du Président de l’institution, et 53 au Secrétariat Général. Aucun ne disposait d’un bureau, d’un badge ou d’une fiche de poste. Pourtant, le Trésor Public leur versait régulièrement salaires et primes.
Le montant exact du préjudice reste à établir officiellement. Mais en cumulant plusieurs années de rémunérations pour 150 personnes, les estimations pointent vers plusieurs centaines de millions de francs CFA de fonds publics détournés.
Sous l’impulsion du nouveau président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, ces noms ont été supprimés des fichiers du personnel. La note de service du 21 avril vient verrouiller définitivement la chaîne de paiement pour éviter que la situation ne se reproduise.
Cette mesure administrative, simple en apparence, traduit une volonté de rupture avec des pratiques qui ont coûté cher aux contribuables camerounais. La vraie question est désormais de savoir si des poursuites judiciaires suivront pour identifier et sanctionner les responsables de ce détournement silencieux.



