la gestion camerounaise divise à Yaoundé


Trente-sept ans de rigueur, balayés en un communiqué. L’Abbé Clément Nkodo Manga a pris officiellement les commandes du Collège François-Xavier Vogt le lundi 3 août, deux jours après le retrait annoncé des Frères de Saint-Jean. L’archidiocèse de Yaoundé reprend la main sur cet établissement réputé pour ses taux de réussite de 100% aux examens. Sauf que dans les couloirs, on murmure déjà que la belle mécanique risque de se dérégler.

Un retrait annoncé en pleines vacances

Le communiqué du Chancelier de l’archidiocèse de Yaoundé, l’Abbé Albert Essomba, est tombé le 31 juillet dernier. Sans détour. La Congrégation des Frères de Saint-Jean se retire de la gestion et de la direction du Collège Vogt après 37 ans de service, cédant la place à l’Archidiocèse.

L’archevêque métropolitain de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, a salué ses partenaires d’hier et leur a souhaité « bon vent dans leur nouvel apostolat ». Les anciens élèves, eux, n’ont pas caché leur émotion. « J’avais toujours pris pour modèle le Frère Jean-Hervé, notre principal à l’époque de mon séjour il y a 10 ans », a confié Emile Fouda, ancien élève.

Fondé en 1947, l’établissement porte le nom de l’ancien vicaire apostolique de Yaoundé. Les premiers prêtres camerounais qui y ont été formés étaient déjà encadrés par la communauté Saint-Jean, présente depuis 1987.

La gestion redevient camerounaise, et ça inquiète

C’est le nerf de l’affaire. Le Collège Vogt, qui doit sa réputation à la discipline importée par les Frères de Saint-Jean, passe désormais sous une gestion entièrement camerounaise, celle de l’archidiocèse de Yaoundé.

Et franchement, dans les cercles de parents d’élèves, la confiance n’est pas au rendez-vous. Ce n’est un secret pour personne, la gestion locale des grands établissements catholiques a souvent laissé à désirer par le passé, entre changements de caps répétés et discipline qui se relâche une fois les fondateurs étrangers partis.

Difficile de ne pas y voir une inquiétude légitime. Le Collège Vogt s’est construit sur la rigueur des Frères de Saint-Jean, sur des repères moraux transmis avec constance pendant près de quatre décennies. On ne sait pas encore si l’Abbé Nkodo Manga saura maintenir ce niveau. Mais le doute, à Yaoundé, est déjà bien installé.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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