Au lendemain du mouvement administratif du 16 avril 2026, le Lycée Bilingue de Bayangam change de tête. Madame Tsobeng Rose Minette, épouse Fofié Mbouedia, a été nommée proviseur par intérim par la ministre des Enseignements Secondaires, Nalova Lyonga Pauline. Une décision qui fait déjà parler : la nouvelle responsable est l’épouse de Christophe Fofié Mbouedia, préfet de la Mifi — le département qui couvre précisément cette zone.
Une nomination qui interpelle
Sur le papier, le profil de Tsobeng Rose Minette tient la route. Formée à l’École Normale Supérieure de Maroua en 2011, elle a exercé dans les régions du Sud-Ouest et de l’Ouest avant d’occuper un poste de coordinatrice de l’orientation scolaire au Lycée Bilingue de Nyalla, à Douala.
Mais c’est la géographie de cette nomination qui pose question. Être affectée dans un établissement situé dans le département même où son mari exerce l’autorité préfectorale — voilà ce qui fait tiquer dans les cercles locaux. Elle succède à Madame Magakoutanou Hortense Noëlle, appelée à d’autres fonctions dans le Ndé.
Le favoritisme en question
Au Cameroun, les nominations dans la fonction publique sont souvent scrutées à la loupe. Et pour cause : le phénomène de pistonnage et de favoritisme reste une réalité documentée, qui mine la crédibilité des institutions.
Ici, aucun texte n’interdit formellement à un fonctionnaire d’être affecté dans la zone d’influence de son conjoint. Mais l’accumulation — femme nommée proviseur, mari préfet du même département — suffit à nourrir des doutes légitimes sur la transparence du processus.
Pour les enseignants, les parents d’élèves et les élèves du lycée, la question n’est pas tant le CV de la nouvelle proviseur. C’est celle-ci : cette nomination aurait-elle eu lieu sans le statut de son époux ? Une question à laquelle le ministère n’a pas encore répondu publiquement.
L’enjeu pour Tsobeng Rose Minette sera désormais de s’imposer par les actes. Dans un contexte où la légitimité de sa nomination est déjà questionnée, seuls les résultats sur le terrain pourront dissiper les soupçons. La communauté éducative de Bayangam observe.



