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Jacques Bertrand libéré après détention à Laquintinie


Jacques Bertrand est libre. Retenu depuis début avril à l’hôpital Laquintinie de Douala après une interpellation musclée par des éléments de la police, l’activiste a été libéré ce jour. Sa détention avait suscité une vive indignation chez plusieurs défenseurs des droits de l’homme au Cameroun, qui dénonçaient une arrestation politique déguisée.

Une détention contestée dès le départ

Tout commence début avril. Jacques Bertrand est interpellé par des policiers dans des circonstances décrites comme violentes. Il est ensuite conduit à l’hôpital Laquintinie de Douala, officiellement pour raisons médicales. Les autorités évoquent une supposée maladie mentale pour justifier son maintien dans l’établissement.

Mais cette justification ne convainc pas. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme rejettent cet argument et y voient une manœuvre pour neutraliser un homme gênant. Car le timing est troublant : quelques jours seulement avant son arrestation, Jacques Bertrand avait déposé une plainte contre Brenda Biya, fille du Chef de l’État Paul Biya.

Ce détail change tout dans la lecture de l’affaire. Pour ses soutiens, l’argument psychiatrique n’était qu’un prétexte commode pour faire taire un activiste qui venait de franchir une ligne.

La liberté retrouvée, les questions restent

Sa libération intervient sous pression. Les voix qui se sont élevées en sa faveur, au Cameroun comme à l’extérieur, ont contribué à rendre sa détention intenable sur le plan symbolique.

Mais au-delà du soulagement, des questions demeurent. Qu’advient-il de la plainte déposée contre Brenda Biya ? Cette procédure judiciaire suit-elle toujours son cours normal, ou a-t-elle été étouffée pendant la période de détention ?

L’affaire met en lumière une pratique dénoncée de longue date par les défenseurs des droits : l’utilisation de l’hospitalisation psychiatrique comme outil de neutralisation politique. Une pratique qui n’est pas propre au Cameroun, mais qui, lorsqu’elle est appliquée à un activiste venant de s’en prendre à une personnalité proche du pouvoir, prend une résonance particulière.

Pour les organisations de droits de l’homme, la libération de Jacques Bertrand n’est pas une fin en soi. C’est le début d’un autre combat : celui de la transparence sur les conditions de son interpellation et sur les suites judiciaires de sa plainte initiale.

Jacques Bertrand est sorti de Laquintinie. Mais l’affaire, elle, n’est pas classée. La plainte contre Brenda Biya reste en suspens, et les circonstances de cette détention méritent des réponses claires. Les regards se tournent désormais vers la justice camerounaise.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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