Le monde judiciaire camerounais pleure une légende. Le bâtonnier Yondo Mandengue Black, pilier de la démocratie et de la justice, s’est éteint le 16 octobre 2025.
Dans un hommage bouleversant, Me Akere T. Muna parle d’un « titan de la profession, d’un gardien de nos valeurs ». Sa disparition laisse un vide immense, non seulement au barreau du Cameroun, mais dans tout le pays.
Comment honorer dignement l’héritage de cet homme qui a risqué sa liberté pour ouvrir la voie au pluralisme politique ?
⚖️ Un géant du droit et de la démocratie camerounaise
Me Yondo Mandengue Black n’était pas qu’un avocat, il était une institution. Deuxième bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun, il en devint le doyen, porteur d’une sagesse rare et d’une mémoire vivante du barreau.
Dans son texte d’adieu, Akere Muna évoque « un pilier de la justice nationale, un homme de principes dont l’héritage est gravé dans les fondations mêmes de notre République ».
Il rappelle l’épisode historique de l’affaire Yondo, en 1990, où le bâtonnier fut arrêté pour avoir osé réclamer le multipartisme.
« Ce procès n’était pas une simple affaire judiciaire. C’était un acte de résistance pour la démocratie et l’État de droit », écrit Akere Muna.
C’est grâce à ce courage que la voie s’est ouverte vers le pluralisme politique dont jouit encore aujourd’hui le Cameroun moderne.
🕊️ “Un mentor, un frère, un repère moral”
Pour Me Akere Muna, l’hommage est aussi personnel qu’institutionnel. L’avocat, lui-même ancien bâtonnier, y exprime une émotion sincère :
« J’ai perdu un mentor et un ami. Sa sagesse était ma boussole, ses conseils, une lumière constante. »
Il se souvient aussi de la fraternité qui liait Yondo Black à son frère disparu, le bâtonnier Bernard Muna.
« Aujourd’hui, je trouve du réconfort dans l’idée qu’ils se retrouvent, deux géants du droit, unis à nouveau dans l’éternité. »
Ces mots résonnent avec puissance dans un Cameroun où la justice peine encore à être un rempart solide contre l’arbitraire.
À travers son hommage, Akere Muna invite ses pairs à reprendre le flambeau, soulignant que « le désintérêt croissant des avocats pour les libertés fondamentales doit cesser ».
🧭 L’héritage d’un homme de principes
La mort du bâtonnier Yondo Black intervient dans un contexte de forte demande citoyenne pour plus de justice et de transparence.
Pour Akere Muna, cet instant doit servir de réveil collectif :
« Le peuple se lève, et le rêve pour lequel il s’est battu – un Cameroun juste, démocratique et souverain – commence à prendre vie. »
Ce message, empreint d’émotion et de lucidité, réaffirme le rôle essentiel des hommes de loi dans la défense de la République.
Le Cameroun perd un pionnier de la justice et de la liberté, mais son empreinte reste indélébile.
« Il a achevé sa course, mené le bon combat, et nous a passé le témoin », conclut Akere Muna.
Dans un pays encore en quête d’équilibre démocratique, le nom de Yondo Black restera celui d’un homme qui a fait du droit une arme pour la vérité.
Son héritage n’est pas seulement juridique, il est moral et national.



