« Fils ainé mes couilles ! » La phrase a fusé sur les réseaux sociaux, brutale, sans filtre. Jiovanni Momo Carlos, fils aîné du ministre délégué à la Justice Jean de Dieu Momo, vient de couper les ponts en public. Dans un post cinglant publié ce jeudi, il annonce vouloir entamer une procédure judiciaire pour faire retirer le nom de son père de son acte de naissance. Le motif ? Cinq ans de brouille, une relation qu’il juge toxique et un patronyme qui, dit-il, ne lui apporte « absolument rien ». Le père, quelques heures plus tôt, avait tenté une réconciliation sur la place publique. Le résultat est un clash familial devenu viral.
Cinq ans de silence, une explosion en public
Le conflit couvait depuis cinq ans. Dans son message, le jeune homme, inventeur de stabilisateurs d’image made in Cameroon, règle ses comptes sans détour. Il reproche à son père de ne pas l’avoir soutenu, de l’avoir laissé « prosterner » pendant un demi-siècle sans obtenir de réponse. « Si pour toi 5 ans n’ont pas suffit pour me prosterner à tes pieds parce que j’aimerais un soutien de toi alors je pense que 5 ans c’est de trop », écrit-il.
Le déclencheur ? Un post de Jean de Dieu Momo lui-même. Le ministre y vantait les talents de son fils, qu’il qualifie de « génie de la bricole », tout en reconnaissant être en froid avec lui. « Bref je suis un empêcheur de réussir en rond », écrivait le père, avant d’appeler les professionnels à lui donner « un peu de visibilité ». La tentative de réconciliation publique a fait l’effet d’une bombe. La réponse du fils est sans appel : il refuse désormais tout soutien financier et exige la suppression de son nom de ses papiers d’identité. Le chiffre est lourd : cinq ans de silence paternel, balayés en quelques lignes. Le fait même de porter son nom dans mon acte de naissance me cause déjà trop de problèmes », assène-t-il. C’est un rejet total, un désaveu public qui dépasse le simple conflit familial.
Un symbole qui dépasse le cercle familial
Cette affaire n’est pas qu’une querelle de famille. Elle met en lumière une fracture générationnelle et un malaise plus profond dans les relations entre figures publiques et leurs proches, au Cameroun. Le jeune Momo, inventeur reconnu dans le milieu de la tech, refuse d’être réduit à une étiquette. Il veut exister par lui-même, sans le poids d’un nom qui, selon lui, l’embarrasse.
La méthode est radicale : une procédure judiciaire. Mais peut-on vraiment effacer un lien de filiation par une décision de justice ? La question reste ouverte. Ce que le post révèle, c’est une douleur ancienne. Le fils ne demande plus d’argent ni de visibilité. Il demande l’effacement. C’est un virage que beaucoup n’ont pas vu venir. Le ministre, figure controversée de la scène politique, se retrouve confronté à un rejet public de son propre sang. Personne ne s’y attendait. Et franchement, c’est le genre de crise familiale qui ne se règle pas par un simple post sur les réseaux.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

