Évalué à 4 milliards FCFA, le marché intérieur du bois de Ngaoundéré attendu cette année


(Investir au Cameroun) – Le ministère des Forêts et de la Faune tente de remettre sur les rails le projet de marché intérieur du bois de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua. Une mission dudit département ministériel s’est rendue, le 12 mai dernier, sur le site de Sélbé Darang, dans la commune de Ngaoundéré 2e, afin d’évaluer l’état d’avancement des travaux d’aménagement de cette infrastructure prévue sur une superficie de 20 hectares.

Évalué à 4 milliards FCFA, le projet a été lancé depuis 2012. Près de quatorze ans plus tard, le marché n’est toujours pas opérationnel. Pour relancer le chantier, le ministère des Forêts et de la Faune a obtenu, en 2025, une enveloppe de 250 millions FCFA destinée à financer la première phase des travaux, qui porte sur l’aménagement d’un hectare.

Selon un compte rendu de la descente ministérielle publié par Cameroon Tribune, quatre hangars, un bloc administratif et une mosquée sont en cours d’achèvement sur le site. Au ministère des Forêts et de la Faune, la livraison de cette première phase est espérée en juin. Cette échéance reste toutefois conditionnée à l’avancement des travaux liés au pont et à la voie d’accès, deux infrastructures susceptibles de retarder la mise en service effective du marché.

Le marché intérieur du bois de Ngaoundéré est présenté comme un outil d’organisation de la filière bois dans la partie septentrionale du pays. Il doit permettre de mieux encadrer la commercialisation du bois légal, d’améliorer la traçabilité des essences en circulation et de renforcer le contrôle des flux sur le marché domestique.

Sa relance intervient dans un contexte de durcissement de la politique forestière du Cameroun. Le pays a engagé l’interdiction de l’exportation en grumes de 91 essences, une mesure destinée à encourager la transformation locale du bois et à accroître la valeur ajoutée captée sur le territoire national.

Pour les autorités, l’opérationnalisation du marché de Ngaoundéré devrait donc contribuer à structurer davantage la chaîne de commercialisation intérieure, tout en offrant un cadre plus formel aux acteurs de la filière. Mais après plus d’une décennie d’attente, l’enjeu sera désormais de transformer la relance administrative et budgétaire du projet en livraison effective.

Ludovic Amara

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