Une étudiante camerounaise prénommée Aïcha a été poignardée à mort par son compagnon tunisien à Tunis, en Tunisie. Le drame s’est produit lors d’une dispute au sein du couple. La mère du mis en cause a confirmé que son fils était alcoolique et que des tensions répétées existaient entre les deux partenaires. La famille de la victime, restée au Cameroun, a appris la nouvelle dans la stupeur.
Ce que l’on sait du drame
Aïcha avait été envoyée en Tunisie par ses parents pour poursuivre des études supérieures. Mais selon plusieurs témoignages circulant sur les réseaux sociaux, elle aurait abandonné ses études peu après son arrivée. Elle se serait ensuite mise en couple avec un ressortissant tunisien, sans en informer sa famille. Elle aurait même mis au monde un enfant à l’insu de ses proches.
Le compagnon est présenté par sa propre mère comme alcoolique, sujet à des comportements violents. C’est au cours d’une dispute — dont les circonstances exactes restent à établir — qu’il a porté des coups mortels à la jeune femme.
L’auteur du meurtre est entre les mains des autorités tunisiennes. Plusieurs internautes camerounais, dont Rodrigue De Gola, ont déjà exigé que l’ambassade du Cameroun à Tunis se saisisse du dossier pour s’assurer que le criminel purge une peine à la hauteur des faits. La crainte est réelle : que l’alcoolisme soit invoqué comme circonstance atténuante pour alléger la condamnation.
Aucune réaction officielle de l’ambassade du Cameroun en Tunisie n’avait été rendue publique au moment où ces lignes sont écrites.
Un drame qui ravive des questions difficiles
La mort d’Aïcha a provoqué une vague de réactions en ligne, entre condoléances sincères et débats plus âpres sur les choix de vie des étudiants camerounais à l’étranger. Certains commentaires pointent les dangers des relations mixtes dans un pays où les codes sociaux et religieux encadrent strictement la vie de couple. D’autres rappellent que la violence conjugale ne connaît pas de frontières et qu’aucune origine ne protège d’un partenaire violent.
Ce qui est certain : une famille camerounaise attendait le retour de sa fille. Elle n’aura pas ce retour.
Le cas d’Aïcha n’est pas isolé. Des Camerounaises installées en Tunisie pour les études se retrouvent parfois dans des situations précaires — sociales, affectives, administratives — loin de tout filet familial. Le juriste et commentateur Cyrille Lemofack souligne que la cohabitation hors mariage est légalement et socialement risquée dans ce pays, un contexte que toutes les étudiantes étrangères ne mesurent pas à leur arrivée.
Ce drame devrait interpeller les autorités camerounaises sur le suivi consulaire des étudiants à l’étranger. Pas seulement après les drames.
Journaliste pour 237online.com, Jean-Paul Dzomo Nana couvre l’actualité politique et diplomatique du continent africain.



