Ce mercredi 13 mai 2026, la Fédération camerounaise de football inaugure son nouveau siège au quartier Warda, à Yaoundé. Samuel Eto’o sera au centre de la cérémonie. Mais une question circule déjà dans les coulisses du football camerounais : le président de la Fécafoot peut-il vraiment s’attribuer ce chantier ? Les archives disent autre chose.
Une marche, une inauguration, et beaucoup de communication
La journée commence dès ce mardi avec une marche symbolique. Les participants partiront du siège de Tsinga, traverseront le carrefour Warda, le rond-point « J’aime mon pays », la poste centrale et le monument de la réunification, avant de rejoindre le stade militaire de Yaoundé. Le dispositif est rodé. L’image, soignée.
Mercredi, l’inauguration officielle du bâtiment aura lieu à Warda. Samuel Eto’o devrait présider la cérémonie en grande pompe — comme il en a l’habitude depuis son élection à la tête de la Fécafoot en décembre 2021.
Le problème, c’est la date de la première pierre. Elle remonte au 13 novembre 2012. Ce jour-là, c’est Iya Mohammed, alors président de la Fécafoot, qui posait symboliquement les fondations de ce bâtiment devant le ministre des Sports, les sponsors — Puma, MTN, Orange, les Brasseries du Cameroun — et les autorités sportives.
Dans son discours, Iya Mohammed annonçait un chantier ambitieux : siège fédéral, extension du Centre Technique de Mhandan-Odza, centres zonaux à Mbankomo, Bafoussam, Buea et Maroua. Treize mois de délai estimé, à l’époque. Le bâtiment a pris quatorze ans.
Eto’o a fini la maison. Mais il ne l’a pas construite.
C’est là que le bât blesse. Samuel Eto’o a livré le bâtiment — c’est un fait. Mais présenter cette inauguration comme le résultat de son seul travail, c’est réécrire l’histoire un peu vite.
Le chantier a été lancé sous Iya Mohammed. Il a traversé des années de blocage, de financements irréguliers, de présidences successives. Eto’o a repris un dossier en souffrance et l’a mené à terme. C’est déjà méritoire. Mais il y a une différence entre finir une construction et en être l’architecte.
Pourtant, la communication autour de cette inauguration laisse peu de place à cette nuance. Comme si le bâtiment était né sous la seule impulsion du président actuel.
Le football camerounais a besoin de récits vrais, pas de mythes construits à la hâte.
Journaliste sportif pour 237online.com, Jean-Claude Mbida couvre l’actualité du sport camerounais et africain.

