Samuel Eto’o a créé la surprise. Lors d’une cérémonie organisée au siège de la Fédération camerounaise de football, le président de la Fecafoot a publiquement demandé à Roger Milla d’accepter de présider la fondation officielle de l’institution. Un moment chargé d’émotion, entre hommage sincère et ambition institutionnelle.
Un geste qui dépasse le symbole
Le discours d’Eto’o ne ressemblait à rien de protocolaire. Devant Roger Milla, il a rappelé un souvenir précis : enfant, il avait reçu les chaussettes de la légende lors d’un match Cameroun-Zambie. Ce détail dit tout. Ce n’est pas une nomination administrative. C’est la reconnaissance d’une dette, celle d’une génération entière envers un homme qui a changé la façon dont le monde regardait le football africain.
Milla a ouvert une porte. Eto’o et ses contemporains l’ont franchie.
La fondation, dont les bureaux seront installés dans l’immeuble de la Fecafoot, n’a pas encore rendu public un programme d’action détaillé. On ne connaît pas encore les axes prioritaires ni le budget prévu. Mais le signal est clair : la fédération veut ancrer son action dans la durée, au-delà des mandats et des résultats sportifs.
Pourquoi ce choix fait sens
Roger Milla, aujourd’hui dans la soixantaine avancée, reste la figure la plus universellement reconnue du football camerounais. Ses buts au Mondial 1990 en Italie, ses célébrations au poteau de corner, ont fait le tour du monde. Pour une fondation qui voudra rayonner bien au-delà des frontières du Cameroun, son nom vaut mieux que n’importe quelle campagne de communication.
Pourtant, la question mérite d’être posée. Une fondation adossée à une fédération nationale, c’est un outil puissant. Mais sa crédibilité dépendra de son indépendance réelle, de la transparence de sa gouvernance, et de sa capacité à produire des résultats concrets pour les jeunes footballeurs camerounais.
Eto’o a choisi l’émotion pour lancer l’annonce. C’est habile. La suite devra être plus rigoureuse.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

