(Investir au Cameroun) – Le recensement en cours dans le cadre du Projet d’appui à la gouvernance financière (PAGFI 3) livre un premier ordre de grandeur : à fin 2024, la valorisation des actifs détenus par l’État au sein des entreprises publiques atteint 1 507,3 milliards FCFA.
Ce chantier vise à identifier, valoriser et intégrer dans les comptes publics l’ensemble des actifs et passifs détenus par l’État et les autres entités publiques. Il constitue une étape clé dans l’amélioration de la transparence budgétaire et patrimoniale.
49 entreprises concernées
Les 1 507,3 milliards FCFA d’actifs recensés se répartissent dans 49 entreprises publiques : 35 sont détenues à 100 % par l’État, tandis que 14 relèvent d’un actionnariat partagé. Les premières correspondent aux sociétés à capital intégralement public, les secondes aux sociétés d’économie mixte (SEM), dans lesquelles l’État détient une participation majoritaire ou minoritaire.
Les actifs identifiés se divisent en deux catégories. Les actifs non financiers comprennent les immobilisations corporelles (bâtiments administratifs, infrastructures, routes, équipements), les immobilisations incorporelles, les stocks, les terrains et autres biens physiques. Les actifs financiers regroupent les participations, prêts et avances, créances ainsi que les disponibilités et dépôts.
Un passif toujours élevé
Cette photographie patrimoniale doit être mise en perspective avec le niveau d’endettement des entités publiques. Au 31 décembre 2024, les entreprises publiques et établissements publics administratifs cumulaient une dette de plus de 1 000 milliards FCFA, selon les données de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), en charge du suivi du passif de l’État.
La CAA précise que « l’encours de la dette extérieure directe des entreprises et établissements publics est évalué à 493,9 milliards FCFA ». Ce montant inclut notamment les dettes fournisseurs et d’exploitation de la Sonara (Société nationale de raffinage) et de Camair Co (Cameroon Airlines Corporation), qui représentent 96,1 % de la dette extérieure totale des entités publiques.
La consolidation progressive de ces données, actifs comme passifs, constitue un enjeu central de pilotage des finances publiques, dans un contexte de surveillance accrue de la soutenabilité de la dette.
Ludovic Amara
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