(Investir au Cameroun) – En 2023, la contribution financière des participations publiques du Cameroun dans le secteur extractif est restée marginale. Selon les informations du rapport ITIE, la Société nationale d’investissement (SNI) n’a encaissé que 376,33 millions FCFA de dividendes, provenant exclusivement de Cimencam, dont elle détient 43,08 % du capital. Ce montant est identique à celui perçu en 2022, signalant une stagnation des revenus issus de cette participation stratégique dans l’industrie cimentière, un segment clé en aval des activités extractives.
La totalité des dividendes issus du portefeuille extractif de la SNI en 2023 provient ainsi de Cimencam. La stabilité du montant à 376,33 millions FCFA d’une année sur l’autre interroge sur le potentiel de croissance financière de cette participation, malgré le poids de l’industrie du ciment dans la chaîne de valeur des activités extractives et des grands projets d’infrastructures.
GEOVIC et Sonara, participations sans rendement
Outre Cimencam, le portefeuille extractif de la SNI comprenait en 2023 une participation de 20 % dans GEOVIC Cameroon, société porteuse du projet de cobalt-nickel de Lomié, dont la Sonamines a repris les actifs. La SNI détenait également 3,77 % du capital de la Société nationale de raffinage (SONARA), opérateur du raffinage du pétrole brut.
Ces deux entités n’ont généré aucun revenu de dividendes au cours de l’exercice 2023. Le rapport précise à ce sujet : « Aucun dividende n’a été déclaré au titre des autres participations extractives ». L’absence de distribution de résultat sur ces actifs limite de fait les retombées financières immédiates de la présence publique dans ce segment stratégique.
Aucun flux financier indirect déclaré
Par ailleurs, la SNI indique n’avoir enregistré aucune relation financière avec des tiers en lien avec ses participations extractives. Le rapport relève ainsi : « La SNI n’a reporté aucun prêt ni garantie octroyé ou reçu des sociétés extractives ». Cette situation restreint également les flux financiers indirects pouvant découler de ces participations (prêts intragroupes, garanties, instruments assimilés), et confirme le caractère étroit des retours financiers liés au portefeuille extractif sur la période considérée.
Un portefeuille stratégique mais peu rémunérateur
Ces données mettent en lumière les faibles retombées financières immédiates du portefeuille extractif de la SNI, malgré le caractère stratégique des actifs concernés (ciment, cobalt-nickel, raffinage du pétrole brut). Elles posent la question de la valorisation et de l’optimisation des participations publiques dans le secteur extractif, dans un contexte de besoins croissants en ressources pour financer les politiques publiques et soutenir l’investissement.
Amina Malloum



