Le Cameroun a perdu l’une de ses soldates les plus emblématiques. Le lieutenant Mainipa Maihobe Djenabou, figure pionnière du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), est décédée le week-end dernier des suites d’une maladie. Elle était l’une des premières femmes à avoir intégré cette unité d’élite des forces armées camerounaises, alors encore appelée Bataillon Léger d’Intervention (BLI). Une carrière de plus de 25 ans au service de la nation.
Une carrière hors du commun
Mainipa Maihobe Djenabou a rejoint l’armée en 1998, en intégrant le centre d’instruction de Djoum, dans la région du Sud. À une époque où les femmes étaient quasi absentes des unités combattantes d’élite, elle a franchi les portes du BLI — ce qui deviendra plus tard le redouté BIR.
Ce choix n’était pas anodin. Le BIR est l’unité la plus exigeante des forces armées camerounaises, formée avec l’appui de conseillers militaires israéliens et américains, et déployée dans les zones les plus sensibles du pays : Extrême-Nord, régions anglophones, frontières poreuses. Y entrer en tant que femme, dans les années 1990, relevait d’une détermination rare.
Durant ses décennies de service, le lieutenant Mainipa a incarné une double rupture : celle du genre dans un milieu très masculin, et celle de l’engagement total au profit de la sécurité nationale. Son parcours a inspiré plusieurs générations de jeunes femmes camerounaises qui ont suivi le même chemin dans les forces de défense.
Une perte symbolique pour les forces armées
La disparition de Mainipa Maihobe Djenabou intervient dans un contexte où le Cameroun valorise de plus en plus le rôle des femmes au sein de ses institutions militaires. Aujourd’hui, des femmes occupent des postes de commandement dans l’armée, la police et la gendarmerie. Mais cette évolution doit beaucoup à des pionnières comme elle, qui ont ouvert la voie sans attendre les discours officiels.
Les hommages se multiplient depuis l’annonce de son décès. Sur les réseaux sociaux, d’anciens collègues et des citoyens saluent « une femme de caractère », « une soldate dans l’âme ». Aucune cérémonie officielle n’a encore été annoncée à ce stade.



