La polémique autour de la chanson de Vanister Officiel adressée symboliquement au pape Léon XIV continue de secouer la toile camerounaise. Après les critiques de John Merlus et d’Onana Raphaël, une nouvelle voix s’élève — mais cette fois pour défendre l’artiste. David Socrate prend la plume et pose une question directe : sait-on vraiment ce que fait un artiste engagé ?
« Il a évoqué des faits réels »
Pour David Socrate, Vanister n’a ni insulté, ni sali. Il a simplement dit la vérité. Et c’est précisément ce rôle — celui de miroir tendu à la société — qui définit l’artiste engagé.
« À quel niveau ce jeune homme talentueux et courageux a mal parlé ou a sali l’image du pays ? », demande-t-il à John Merlus. Sa réponse est tranchée : les véritables responsables de la dégradation de l’image du Cameroun ne sont pas les artistes qui dénoncent, mais ceux qui ne font pas leur travail.
Il va plus loin. Selon lui, si le nom du président Paul Biya est aujourd’hui terni sur les réseaux sociaux, ce n’est pas à cause d’artistes comme Vanister. C’est à cause de ceux dont les manquements quotidiens finissent par rejaillir sur le chef de l’État. « Quand ces gens le font, c’est sur lui qu’on tire », écrit-il.
David Socrate recadre également la lecture de la chanson. Pour lui, elle n’était pas destinée au pape en tant qu’autorité étrangère. Elle utilisait l’image et le moment de la visite papale pour interpeller les Camerounais eux-mêmes — sur la dépravation des mœurs, les viols d’enfants, les violences, la barbarie qui gangrènent la société.
Artiste engagé versus artiste subversif : où est la ligne ?
Ce que David Socrate souligne, c’est une distinction que ses contradicteurs semblent oublier. Il y a une différence entre mal parler et parler vrai. Ceux qui ont été emprisonnés au Gabon ou en Côte d’Ivoire, dit-il, l’ont été non pas parce qu’ils ont parlé, mais parce qu’ils ont mal parlé. La nuance est essentielle.
Un artiste patriotique, selon lui, dénonce sans tribalisme, sans attaquer l’État, mais avec assez de force pour que sa voix monte jusqu’aux décideurs capables d’agir. Il conclut en appelant directement le président Biya à prendre des mesures fermes contre les violences faites aux enfants et aux femmes.
Ce troisième regard sur l’affaire Vanister confirme une chose : derrière la polémique de surface se cache un débat camerounais bien plus profond sur le rôle de l’artiste, les limites de la parole publique, et la responsabilité de chacun face aux maux du pays.



