(Investir au Cameroun) – Au Cameroun, la filière coton mobilise chaque année environ 60 milliards de FCFA de crédits de campagne en faveur des producteurs. Ces financements, destinés à l’acquisition d’intrants et d’équipements agricoles, sont accordés à des cultivateurs encadrés par la Société de développement du coton (Sodecoton) dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord.
Cette enveloppe a été révélée le 31 mars 2026 à Garoua, au cours d’une présentation de la filière coton par la Sodecoton. Selon l’entreprise, entre 150 000 et 200 000 producteurs sont concernés par ce dispositif, qui constitue l’un des principaux leviers de financement de la campagne cotonnière dans les trois régions septentrionales du pays.
Dans la pratique, ces ressources sont souvent mobilisées par l’État du Cameroun auprès d’un bailleur de fonds international, puis rétrocédées à la Sodecoton. L’entreprise publique les met ensuite à la disposition de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC Cameroun), qui se charge de leur distribution aux producteurs ainsi que de leur recouvrement.
D’après le directeur général de la Sodecoton, Mohamadou Bayero, ce mécanisme affiche des performances particulièrement élevées en matière de remboursement. Le recouvrement des crédits de campagne, effectué par prélèvement direct sur les revenus issus de la vente de la production des bénéficiaires, enregistre très souvent des taux de 100%.
« Grâce à l’assainissement de la filière, les producteurs sont très sérieux et disciplinés. Ils savent que celui qui ne rembourse pas son crédit d’intrants de la précédente campagne ne l’obtiendra pas pour la campagne suivante, et qu’en cas de récidive il peut même être rayé de la liste des producteurs de coton », explique le dirigeant. « Nous voyons souvent des producteurs aller jusqu’à désinvestir pour pouvoir rembourser les crédits, afin d’être reconduits comme bénéficiaires au cours de la campagne suivante », ajoute-t-il, saluant au passage le travail de sensibilisation mené sur le terrain par la CNPC Cameroun.
La place de cette organisation de producteurs dans la filière s’est d’ailleurs renforcée au fil des années. Depuis 2004, l’approvisionnement en intrants et en matériels agricoles de l’ensemble de la filière coton camerounaise lui revient. Outre l’achat et la distribution des intrants, la CNPC Cameroun intervient également dans la professionnalisation des producteurs et leur organisation en groupements.
L’organisation a aussi mis en place des banques de céréales dans les bassins de production cotonniers. L’objectif est de permettre aux producteurs d’accéder à ces denrées à des prix abordables pendant la période de soudure, dans un contexte marqué par une forte vulnérabilité alimentaire dans les régions septentrionales du Cameroun.
BRM
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