(Investir au Cameroun) – Le 10 décembre 2025, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et l’ambassadeur de Chine au Cameroun, Xu Yong, ont paraphé à Yaoundé un accord-cadre destiné à renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays. Pour le membre du gouvernement, il s’agit « de la première étape d’un processus visant à établir un partenariat économique orienté vers l’accès au marché, le développement de l’industrie manufacturière et la montée en gamme de l’agriculture ».
L’objectif affiché est d’accroître la productivité et la compétitivité des produits locaux afin de faciliter leur insertion dans les chaînes de valeur mondiales. Les prochaines étapes doivent porter sur l’accès des produits camerounais, en franchise de droits de douane, au marché chinois, une perspective jugée alléchante pour les exportateurs nationaux. D’après les autorités, des négociations approfondies seront engagées sur un commerce plus fluide, un développement plus inclusif, des chaînes d’approvisionnement plus résilientes et des modèles économiques plus modernes.
Des échanges dynamiques mais déficitaires
Cet accord s’inscrit dans une coopération bilatérale vieille de plus de cinquante ans. Depuis plus de vingt ans, la Chine est devenue le premier partenaire commercial et principal fournisseur du Cameroun. En 2024, l’Empire du Milieu a dominé les importations camerounaises (machines, téléphones, riz) avec 535,1 milliards FCFA, tout en se positionnant comme deuxième client du pays pour les exportations, notamment de pétrole et de gaz.
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont dépassé 1 600 milliards FCFA en 2024, dont 1 100 milliards FCFA d’importations camerounaises, selon l’Institut national de la statistique (INS). Malgré ce dynamisme, le Cameroun affiche un déficit commercial important avec la Chine, évalué à 714,3 milliards FCFA en 2023, en hausse de 18,5 %.
Avec l’accord-cadre qui prépare l’accès des produits camerounais en franchise de droits de douane sur le marché chinois, les autorités espèrent rendre importations et exportations plus abordables, améliorer la compétitivité des entreprises et stimuler davantage le commerce bilatéral. Reste à voir dans quelle mesure ce nouvel outil permettra de réduire le déséquilibre structurel des échanges au bénéfice des filières locales.
Frédéric Nonos
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