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Cemac : la BEAC anticipe un repli de la croissance en 2026, malgré une inflation maîtrisée et un franc CFA stable


(Investir au Cameroun) – Réuni le 2 avril 2026 à Yaoundé pour sa première session de l’année, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a dévoilé ses premières prévisions macroéconomiques pour la Cemac, qui regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine.

Selon l’institut d’émission, la croissance économique de la sous-région devrait ralentir en 2026. Elle est projetée à 2,9%, contre 3,5% en 2025.

Dans le communiqué ayant sanctionné les travaux du CPM, la BEAC ne détaille pas les raisons de ce repli. Toutefois, cette prévision pourrait s’expliquer par un environnement international plus tendu, marqué depuis la fin février 2026 par l’escalade militaire au Moyen-Orient, avec pour conséquence une forte hausse des cours du pétrole sur le marché international.

D’après les tendances observées, les prix du brut ont progressé d’environ 40% depuis le début du conflit. Si cette envolée est susceptible d’accroître les recettes d’exportation des pays pétroliers de la Cemac — le Congo, le Gabon, le Cameroun, le Tchad et la Guinée équatoriale — elle pourrait, dans le même temps, alourdir la facture des importations de produits pétroliers raffinés. En effet, les pays de la sous-région demeurent de gros importateurs de carburants et de gaz domestique.

Une telle situation risque d’accentuer la pression sur les finances publiques. Elle pourrait notamment entraîner une accumulation des impayés dus aux entreprises prestataires de l’État, avec pour conséquence un ralentissement de leurs activités et de l’investissement. Par ailleurs, la hausse des prix internationaux des produits pétroliers renchérit les coûts du transport, ce qui pèse sur l’approvisionnement des entreprises en matières premières.

Inflation contenue, monnaie stable

Ces tensions pourraient également se répercuter sur les prix à la consommation. Pour 2026, la BEAC projette un taux d’inflation de 2,3%, contre 2,1% en 2025. Même en légère hausse, ce niveau reste inférieur au seuil communautaire de 3%.

Sur le front monétaire, les perspectives sont jugées plus rassurantes. La BEAC prévoit un renforcement des réserves de change en 2026, ce qui conforte la stabilité du franc CFA. Selon le communiqué du CPM, les réserves de change représenteraient 4,52 mois d’importations de biens et services, contre 4,22 mois en 2025.

Pour rappel, les réserves de change correspondent aux avoirs en devises issus des exportations, qui permettent aux pays de financer leurs importations. Dans la zone franc, un niveau de réserves inférieur à trois mois d’importations est généralement considéré comme critique, avec un risque accru de tensions monétaires, voire de dévaluation du franc CFA.

BRM





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