Le suspense politique prend fin ! Le Conseil constitutionnel du Cameroun rendra son verdict ce jeudi 23 octobre à 10h30, au Palais des congrès de Yaoundé. Après dix jours d’attente et de rumeurs en ligne, les Camerounais connaîtront enfin le nom du président élu pour un mandat de sept ans. « Le pays retient son souffle », confie Jean-Paul Ntsengue, expert électoral. Entre espoir, crainte et impatience, le Cameroun vit les dernières heures d’un scrutin historique. Mais cette proclamation suffira-t-elle à apaiser les tensions ?
Le Conseil constitutionnel face à une attente nationale
L’audience solennelle de ce jeudi marquera la fin du processus électoral ouvert le 12 octobre 2025. Selon la loi camerounaise, seul le Conseil constitutionnel a la compétence de proclamer les résultats définitifs.
Les opérations de dépouillement ont été longues et complexes. « Au Cameroun, le traitement des résultats est manuel », rappelle Jean-Paul Ntsengue. Les procès-verbaux issus des bureaux de vote ont transité par les commissions locales, départementales puis nationales avant d’être examinés par le Conseil.
Le processus, étalé sur 15 jours, vise à garantir la fiabilité du scrutin, mais cette lenteur a nourri des suspicions et des frustrations. Des candidats de l’opposition évoquent déjà des « irrégularités », tandis que d’autres appellent au calme et à la patience.
Équilibre fragile entre transparence et tension politique
L’institution électorale ELECAM, chargée de l’organisation du vote, a été globalement saluée pour la bonne tenue du scrutin. Des observateurs nationaux et étrangers ont relevé la discipline des électeurs et la présence des représentants de tous les partis dans les bureaux de vote, garantissant la transparence.
Cependant, l’opposition pointe du doigt les lenteurs dans la remontée des procès-verbaux et des suspicions de manipulation locale.
« Ces délais doivent être respectés, car ils sécurisent le processus », insiste Ntsengue.
Les regards sont désormais tournés vers le Conseil constitutionnel, présidé par Clément Atangana, qui devra arbitrer entre contestations et vérité des urnes. Dans les quartiers de Yaoundé, les discussions vont bon train : chacun redoute un après-23 octobre tendu.
Un enjeu national : paix et responsabilité
Cette proclamation ne sera pas qu’un acte institutionnel : elle portera la charge émotionnelle de millions de citoyens. Plusieurs leaders religieux et de la société civile ont appelé au respect du verdict et à la préservation de la paix.
Dans les rues de Douala, de Bafoussam ou de Garoua, les mots d’ordre sont clairs : pas de violence, pas de division. « Nous devons accepter le résultat, quel qu’il soit, et continuer à construire le pays », souffle un jeune électeur rencontré à Mfoundi.
Le président proclamé héritera d’un Cameroun traversé par des attentes sociales immenses : emploi des jeunes, vie chère, décentralisation… La vraie bataille commencera après le verdict.
Reste une question que tout le monde se pose : le Conseil constitutionnel réussira-t-il à restaurer la confiance nationale ?



