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Cameroun ► Le revirement troublant d’Issa Tchiroma


C’est une volte-face qui étonne plus d’un.
Quelques jours après avoir clamé sa victoire à la présidentielle du 12 octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary, président du FSNC et ancien ministre de Paul Biya, refuse désormais de saisir le Conseil constitutionnel pour défendre ses “preuves”.
Une position jugée incohérente, voire opportuniste, par de nombreux observateurs.

« On ne peut pas crier à la victoire et refuser le terrain légal du combat », déplore un politologue à Yaoundé.
Alors, que cache réellement cette stratégie de non-recours ? Un calcul politique… ou un aveu d’impuissance ?

⚖️ De l’autoproclamation à la méfiance envers le Conseil constitutionnel

Le contraste est saisissant.
Le mardi 14 octobre, soit deux jours après le scrutin, Issa Tchiroma Bakary affirmait avec assurance avoir remporté l’élection présidentielle.
Ses partisans du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) y voyaient alors “une nouvelle ère pour la jeunesse et l’emploi”.

Mais quelques jours plus tard, retournement de situation :
le même homme refuse de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel, arguant qu’il “ne fait pas confiance à l’institution”.

Pourtant, c’est bien ce Conseil constitutionnel qui, le 5 août 2025, avait validé sa candidature parmi les 12 retenues.

« On ne peut pas applaudir le Conseil quand il vous sélectionne, puis le traiter d’illégitime quand il faut contester », lâche un militant à Douala, agacé.

Cette incohérence, selon plusieurs analystes, affaiblit la crédibilité du discours du FSNC et jette le doute sur la sincérité de sa posture d’opposant.

🧩 Une opposition fragmentée et confuse

Ce refus de recours met également en lumière les divisions internes de l’opposition camerounaise.
Alors que certains candidats – plus structurés juridiquement – ont déjà introduit leurs plaintes, d’autres, comme Tchiroma, semblent miser sur la rue ou l’opinion publique pour faire entendre leur voix.

« Le peuple en a marre des discours sans suite. On veut des actes, pas des cris sur Facebook », lâche une commerçante du marché Mokolo.

L’avocat Me Simh, proche du FSNC, est lui aussi interpellé :

« Que faisais-tu avec ta robe noire au Conseil constitutionnel le 5 août, si ce même organe n’est plus digne de confiance ? »
Une pique devenue virale sur les réseaux sociaux.

Au fond, le dilemme est clair : peut-on prétendre défendre la vérité des urnes tout en rejetant le seul cadre légal prévu à cet effet ?

💬 Entre image écornée et crédibilité en jeu

L’ancien ministre, jadis connu pour son éloquence médiatique, voit son capital politique se fragiliser.
De nombreux jeunes, séduits par son discours initial sur la formation et l’emploi, expriment aujourd’hui une forme de déception.

« Comment résoudre le chômage des jeunes si on fuit le combat légal ? », s’interroge un étudiant de l’université de Ngaoundéré.

Pour d’autres, cette posture traduit surtout un calcul politique :
laisser passer la tempête et éviter de froisser le pouvoir en place, dans l’espoir d’une réhabilitation future.
Mais ce jeu d’équilibriste pourrait bien le marginaliser durablement dans l’opposition.


🇨🇲 Conclusion

Entre autoproclamation, refus de recours et contradictions publiques, Issa Tchiroma Bakary brouille son propre message.
Celui qui promettait un Cameroun “nouveau et responsable” semble pris dans une spirale d’incohérences qui entame sa crédibilité.
Le peuple, lui, observe – perplexe.
Car au bout du compte, une question persiste : peut-on prétendre au changement sans accepter les règles du jeu républicain ?



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