BOCOM PETROLEUM fait partie des sept sociétés d’importation de produits pétroliers suspendues d’activité au Cameroun. Ces marketeurs sont accusés de ne pas avoir validé les trop-perçus liés à leurs importations et de ne pas avoir reversé intégralement les fonds collectés au titre du soutien à la raffinerie. Une décision qui secoue le secteur pétrolier aval du pays.
Les sept entreprises visées par cette mesure de suspension sont : NEPTUNE OIL, PLANET PETROLEUM, BOCOM PETROLEUM, AFRICA PETROLEUM, ALPHA OIL, GULFCAM et NICKEL OIL.
Deux griefs principaux leur sont reprochés. D’abord, le défaut de validation des plus-values réalisées sur leurs opérations d’importation. Ensuite, le non-reversement intégral des fonds de soutien à la raffinerie, pourtant collectés régulièrement auprès des consommateurs.
Ce mécanisme de soutien à la raffinerie — en l’occurrence la SONARA de Limbé, dont la reconstruction est toujours en cours depuis l’incendie de 2019 — est prélevé sur chaque litre de carburant vendu. L’argent collecté est censé alimenter un fonds dédié à la relance de l’outil de raffinage national. Ne pas le reverser, c’est détourner des ressources qui appartiennent au système énergétique camerounais.
Pour BOCOM PETROLEUM, cette suspension représente un coup dur. La société, active sur le marché de la distribution et de l’importation de carburant, se retrouve contrainte d’interrompre ses opérations le temps que sa situation soit régularisée.
Un signal fort pour tout le secteur pétrolier aval
Cette décision des autorités camerounaises envoie un message clair à l’ensemble des opérateurs du secteur. La tolérance zéro sur les manquements financiers liés aux importations de carburant semble désormais être la ligne directrice.
Dans un contexte où le Cameroun subventionne encore partiellement les prix à la pompe et cherche à sécuriser le financement de la reconstruction de la SONARA, chaque franc non reversé pèse directement sur l’équilibre du secteur énergétique national.
Les sept sociétés suspendues représentent une part non négligeable des volumes importés sur le marché camerounais. Leur mise à l’écart, même temporaire, pourrait créer des tensions sur l’approvisionnement en carburant dans certaines zones, notamment à Douala et dans les régions desservies par ces acteurs.
La régularisation de leur situation, et notamment celle de BOCOM PETROLEUM, est désormais la condition sine qua non pour reprendre leurs activités.



