Au Gabon, Alain Claude Bilie By Nze, ancien Premier ministre et principal opposant au chef de la transition Brice Clotaire Oligui Nguema, a été placé en mandat de dépôt ce soir à la prison centrale de Libreville. Le motif : escroquerie aggravée portant sur 5 millions de FCFA, une affaire qui remonte à 2008 et qui ressurgit 18 ans plus tard avec une décision judiciaire ferme.
Une affaire vieille de 18 ans qui rattrape l’ancien Premier ministre
Les faits sont simples. Il y a près de deux décennies, une femme remet à Alain Claude Bilie By Nze une somme de 5 millions de FCFA. L’objectif : financer l’organisation d’une fête des cultures. L’ancien Premier ministre empoche l’argent, promet de s’en occuper, puis disparaît dans le silence.
Pendant des années, la plaignante attend un remboursement. Elle ne reçoit qu’1 million de FCFA — un cinquième de la somme initiale. Les 4 millions restants ne viendront jamais. Dix-huit ans après les faits, elle décide de relancer la procédure judiciaire. Cette fois, la justice gabonaise ne laisse rien passer.
Ce soir, Bilie By Nze est incarcéré à la prison centrale de Libreville. Le mandat de dépôt est prononcé. L’affaire, longtemps dormante, connaît enfin son premier dénouement judiciaire.
Une arrestation à fort poids politique
Le timing n’est pas anodin. Alain Claude Bilie By Nze est aujourd’hui l’une des figures les plus visibles de l’opposition à la junte militaire dirigée par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, arrivé au pouvoir après le coup d’État d’août 2023 qui a renversé Ali Bongo Ondimba.
Dans ce contexte, son arrestation suscite déjà des interrogations. S’agit-il d’une affaire purement judiciaire, traitée avec le recul du temps ? Ou d’une manière de neutraliser une voix critique à quelques mois d’une transition politique encore incertaine ? La question circule déjà sur les réseaux sociaux gabonais.
Ce qui est certain, c’est que la justice a choisi ce moment pour trancher une affaire qui attendait depuis 2008. Et que l’homme qui se retrouve ce soir derrière les barreaux de Libreville n’est pas n’importe quel justiciable.



