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BILAN 2018-2025 : l’agriculture de l’avenir prend racines


(Investir au Cameroun) – Entre 2018 et 2025, le Cameroun a engagé une transformation ambitieuse de son secteur agricole, le plaçant au cœur de sa stratégie de développement économique et social. Cette période a été marquée par une volonté affirmée de moderniser l’agriculture, non seulement pour assurer l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle du pays, mais aussi pour stimuler l’industrialisation locale et renforcer sa position en Afrique centrale.

Le secteur confirme son rôle central dans l’économie nationale avec des performances productives en progression sur la période 2018-2025. Employant 55 % de la population active selon le recensement de 2020 de l’Institut National de la Statistique et mobilisant près de deux millions de ménages agricoles, il maintient sa contribution au PIB autour de 20 %, selon les données actualisées de la Banque mondiale en 2023.

 

1 manioc

Le manioc stabilise sa production autour de 5,34 millions de tonnes annuelles, confirmant son statut d’aliment de base.

Les productions céréalières ont enregistré des résultats solides et même supérieurs aux premières estimations. La production de maïs, culture phare du pays, est passée de 2,20 millions de tonnes en 2018 à 2,36 millions de tonnes en 2023, soit une hausse de 7 % confirmée par FAOSTAT 2024. Le mil et le sorgho ont connu une progression encore plus marquée, passant de 1,23 million de tonnes en 2018 à 1,52 million en 2022, représentant une augmentation de 24 %.

La filière riz maintient également une trajectoire positive, sa production évoluant de 314 000 tonnes en 2018 à 450 000 tonnes en 2022, ce qui correspond à une progression de 43 % et place l’objectif gouvernemental de 500 000 tonnes en 2025 à portée de main.

La filière riz a évolué de 314 000 tonnes en 2018 à 450 000 tonnes en 2022, ce qui correspond à une progression de 43 % et place l’objectif gouvernemental de 500 000 tonnes en 2025 à portée de main.

Dans le segment des tubercules, le manioc stabilise sa production autour de 5,34 millions de tonnes annuelles, confirmant son statut d’aliment de base. La pomme de terre connaît une expansion encore plus notable que prévu, passant de 408 000 tonnes en 2018 à 540 000 tonnes en 2022, soit une hausse de 32 %. La patate douce suit cette tendance avec une production qui progresse de 520 000 à 615 000 tonnes sur la même période, représentant une augmentation de 18 %.

Les cultures d’exportation présentent des évolutions plus contrastées et des baisses plus marquées que l’on croyait initialement. La production de bananes plantain recule de 4,5 millions de tonnes en 2018 à 4,05 millions en 2022, soit une baisse de 10 %. L’ananas traverse également une période de contraction avec une production réduite de 252 000 tonnes en 2018 à 225 000 tonnes en 2022, marquant un recul de 11 %.

Le PIB agricole présente une évolution variable selon les données officielles. Il oscille entre 204 milliards de francs CFA au premier trimestre 2018 et 459 milliards de francs CFA au deuxième trimestre 2022, avec une moyenne de 314 milliards de francs CFA sur la période. Cette variabilité s’explique par l’impact des conditions climatiques et les fluctuations des cours des matières premières.

Le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural déploie une stratégie de modernisation articulée autour de quatre leviers complémentaires. La mécanisation s’intensifie grâce à l’acquisition de mille tracteurs financés par la Banque africaine de développement et la création de deux cents ateliers communautaires de mécanisation entre 2021 et 2024. L’accès aux intrants s’améliore avec la facilitation de l’acquisition d’engrais et de pesticides pour les organisations professionnelles, ainsi que la distribution de près de 1 700 tonnes de semences certifiées de riz en 2023. La production et la distribution de semences de qualité bénéficient d’un soutien renforcé en collaboration avec le Ministère de la Recherche Scientifique, notamment pour la multiplication de variétés à haut rendement telles que le riz NERICA et le maïs hybride.

Le développement de la microfinance rurale facilite l’accès au crédit pour les exploitants grâce au Fonds National de Garantie Agricole lancé en 2022, qui couvre désormais 12 % des agriculteurs avec un objectif de 25 % d’ici 2026. La densification du réseau de pistes de collecte, avec plus de 1 800 kilomètres réhabilités depuis 2021, améliore l’évacuation des productions vers les marchés. Les filières prioritaires que sont le maïs, le riz, le sorgho et le manioc bénéficient d’un appui multiforme pour renforcer la sécurité alimentaire.

Les projections pour 2025 tablent sur une consolidation de la croissance céréalière et une diversification vers les cultures maraîchères. L’objectif gouvernemental vise une production de 500 000 tonnes de riz paddy et l’équipement de 50 000 hectares supplémentaires en dispositifs d’irrigation goutte-à-goutte ou aspersive. Le renforcement des capacités de transformation locale accompagne cette dynamique pour réduire la dépendance alimentaire du pays, avec la création d’unités régionales de transformation du maïs, du manioc et du riz visant une réduction de 12 % de la facture d’importation.

L’agriculture camerounaise évolue ainsi dans un contexte de transition, combinant les défis climatiques et les opportunités de modernisation technologique, avec un potentiel de croissance soutenu par les politiques publiques et l’adaptation aux exigences du marché régional.

La campagne agricole 2025, lancée le 26 avril dans la localité de Dimako (Région de l’Est) par le Ministre Gabriel Mbairobe, a mis l’accent sur les enjeux climatiques et sociaux pour un développement durable. Le Ministre a projeté une agriculture de demain « technologique, responsable et génératrice de valeur », nécessitant des politiques publiques cohérentes et des actions de terrain concrètes.

Le Projet Plaine centrale, visant à sécuriser et aménager 400 000 hectares de terres arables le long du corridor Batchenga-Ntui-Yoko-Lena-Tibati, illustre cette ambition de faciliter l’installation d’opérateurs privés et d’accélérer la politique d’import-substitution. Cette initiative structurante, dont la phase pilote de 45 000 hectares a démarré en 2024, devrait transformer le paysage agricole camerounais dans les années à venir, consolidant les acquis de la période 2018-2025.

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