La sentence est tombée ces dernières heures à Yaoundé. Batek Yebel Landry, ce jeune diplômé de l’ENAM devenu tristement célèbre pour le meurtre de sa mère, la journaliste Ngo Yebel Louisette, a été condamné à la peine de mort. Un verdict qui met fin, sur le plan judiciaire du moins, à une affaire qui avait glacé le pays en avril 2024.
Un crime d’une rare violence
Les faits remontent à avril 2024, à Yaoundé. Batek Yebel Landry avait assassiné sa mère avant de dépecer son corps et de placer les restes dans un sac. Le genre de détail qu’un confrère aurait du mal à répéter sans grimacer devant sa rédaction.
Ce n’était pas son premier passage à l’acte. Selon des sources familiales, le jeune homme avait déjà tué sa grand-mère plusieurs années auparavant, un crime que sa propre mère aurait couvert à l’époque. Difficile de ne pas y voir une spirale familiale que personne n’a su ou voulu arrêter à temps.
Lors de la reconstitution des faits organisée à Yaoundé dans le cadre de l’enquête, l’accusé a expliqué avoir agi sous l’emprise de « mauvais esprits ». Une déclaration qui n’a visiblement pas convaincu les juges.
Une peine symbolique, une application incertaine
La peine de mort existe toujours dans le droit camerounais. Mais elle n’est plus appliquée dans les faits depuis des années, ce qui pose forcément question sur la portée réelle de ce verdict.
C’est le paradoxe camerounais bien connu des juristes. On condamne à mort, on n’exécute pas.
Le signal envoyé par cette décision reste fort malgré tout. Il s’agit de marquer la gravité extrême du dossier, celle d’un double crime familial commis par un jeune homme formé dans l’une des grandes écoles du pays. Un diplômé de l’ENAM capable d’un tel acte, ça pose question sur ce qu’on ne voit jamais venir chez certaines personnes, même les plus formées.
Reste à savoir si cette condamnation sera un jour transformée en peine d’emprisonnement à vie, comme cela arrive généralement dans la pratique judiciaire camerounaise.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

