Il ne recule pas. Georges Gilbert Baongla, qui se présente comme le fils biologique du président Paul Biya, a frappé fort ce samedi. Dans un entretien accordé au journaliste René Narcisse Motto sur la chaîne YouTube Morena Agency Pro, il s’est ouvertement positionné pour la vice-présidence du Cameroun, tout en écartant sans ménagement Franck Biya, le fils officiellement reconnu du Chef de l’État.
« On n’ira pas chercher l’enfant du voisin »
Le ton était ferme, les mots soigneusement choisis. Devant la caméra, Baongla a déroulé sa logique sans détour :
« Moi, j’ai mon père et il m’aime beaucoup. »
Puis, plus direct encore : « Je suis le Chef de famille. On n’ira pas chercher l’enfant du voisin. »
Et pour lever toute ambiguïté sur sa cible : « Ceux qui ne sont pas les fils de Paul Biya seront écartés. »
Franck Biya, qu’il qualifie une nouvelle fois de « fils adoptif », est directement visé. Une attaque frontale contre celui que l’opinion nationale et la communauté internationale reconnaissent unanimement comme l’héritier naturel du président camerounais, au pouvoir depuis 1982, soit plus de 40 ans.
Un homme controversé, une ambition politique assumée
Georges Gilbert Baongla n’est pas un inconnu. Depuis plusieurs années, il multiplie les sorties médiatiques pour revendiquer sa filiation avec Paul Biya. Largement considéré comme un usurpateur, il n’a jamais bénéficié d’une reconnaissance officielle. Mais cette fois, il franchit un cap.
Il ne réclame plus seulement une place dans la famille. Il vise un poste politique précis, dans un contexte où la création d’un poste de vice-président est activement débattue au Cameroun. Le 6e Congrès du Parlement, réuni à Yaoundé début avril 2026, a examiné un projet de loi allant dans ce sens.
Cette sortie de Baongla intervient donc au moment le plus chargé politiquement. Et elle ne passe pas inaperçue. Sur les réseaux sociaux camerounais, ses déclarations font réagir, entre indignation, moquerie et, parfois, curiosité.
Dans un pays où la succession reste le sujet le plus sensible de la vie politique, Gilbert Baongla choisit de parler haut et fort. Qu’il soit pris au sérieux ou non, il s’installe dans le débat. La question de l’après-Biya, elle, ne fait que s’intensifier.



