Aucun cas d’hantavirus n’a été détecté au Cameroun ni sur le continent africain. C’est le message qu’a délivré le Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique, lors d’un point de presse tenu le 15 mai 2026 au Centre de Coordination des Opérations d’Urgence en Santé Publique à Yaoundé. L’occasion de faire le point sur une alerte internationale qui inquiète, et d’expliquer ce que les autorités camerounaises ont mis en place.
Un foyer parti d’un navire de croisière, 11 cas recensés dans le monde
Tout commence à bord du MV Hondius. Ce navire a quitté Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril 2026. Un mois plus tard, les autorités britanniques signalaient à l’OMS un foyer de syndrome respiratoire aigu sévère parmi les passagers. Les analyses ont identifié le virus Andes, une souche d’hantavirus.
Bilan à ce jour : 11 cas recensés à l’échelle mondiale, dont 8 confirmés et 2 décès. Plusieurs dizaines de personnes sont encore sous surveillance dans différents pays.
L’hantavirus est connu depuis les années 1970, identifié pour la première fois en Corée du Sud. Il se transmet par les rongeurs sauvages, principalement par inhalation de particules issues de leurs excréments, et provoque dans les formes graves un syndrome pulmonaire qui peut être fatal. Pas de vaccin. Pas de traitement spécifique. Ce qui en fait un virus à surveiller, même si l’OMS maintient que le risque de propagation mondiale reste faible.
Le virus Andes, impliqué dans ce foyer, est particulier : c’est la seule souche pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée, en Argentine notamment. Pas aux États-Unis, pas en Afrique.
Pourquoi le Cameroun est peu exposé, et ce qu’il fait quand même
Le facteur clé ici, c’est l’absence du réservoir animal. Le virus Andes circule en Amérique du Sud, porté par des espèces de rongeurs qui n’existent pas en Afrique. Aucun lien non plus entre le Cameroun et les itinéraires empruntés par le navire concerné.
Mais rester les bras croisés parce que le risque est faible, personne ne se le serait permis après la leçon Covid.
Le gouvernement a donc activé plusieurs mesures : renforcement de la surveillance aux points d’entrée, aéroports de Yaoundé et Douala, ports de Douala, Limbe et Kribi. Les dispositifs d’isolement dans les formations sanitaires de référence ont été réactivés. Le personnel médical est en cours de préparation. Une collaboration avec l’Institut Pasteur de Dakar est prévue pour le diagnostic en cas de besoin.
Un plan national de riposte est encore en cours d’élaboration. On ne sait pas encore quand il sera finalisé.
Le numéro vert 1510 reste disponible pour tout signalement ou question.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

