Grosse frayeur ce mercredi à bord du vol Camair-Co QC222. L’appareil, parti de Yaoundé en direction de Garoua, a dû faire demi-tour et atterrir en urgence à Douala après avoir percuté un oiseau peu après le décollage. Tous les passagers sont sains et saufs. Mais l’incident a semé la panique à bord.
Un bruit sourd, la panique, et un demi-tour vers Douala
Ça s’est passé vite. Quelques minutes seulement après le décollage, un impact sourd a retenti dans l’appareil, provoquant immédiatement cris, prières et signes de croix parmi les passagers. Une collision aviaire — ce que les professionnels appellent un « bird strike » — venait de se produire.
Le pilote n’a pas tardé à réagir. Selon un message relayé à l’hôtesse de l’air, il aurait demandé d’informer les passagers de la décision : déroutement immédiat vers Douala. « Pardon, dis aux passagers que l’avion va atterrir à Douala, ne prenons pas le risque. L’oiseau-là nous a cognés et est lui parti », aurait-il indiqué. Une formulation directe, presque familière — mais le fond était sérieux.
L’avion s’est posé sans incident à l’aéroport international de Douala. Aucun blessé n’a été signalé parmi les passagers ni l’équipage. Les voyageurs à destination de Garoua se sont retrouvés bloqués dans la capitale économique, certains envisageant de terminer le trajet par la route — plusieurs centaines de kilomètres de piste et de bitume.
Un incident banal techniquement, mais révélateur d’autre chose
Les collisions avec des oiseaux sont plus fréquentes qu’on ne le croit. Selon les données de l’Organisation de l’aviation civile internationale, des milliers de bird strikes sont recensés chaque année dans le monde, dont une part significative survient au décollage ou à l’atterrissage. La grande majorité n’entraîne aucun accident grave.
Pourtant, la réaction des passagers du QC222 dit quelque chose. La confiance dans l’aviation camerounaise reste fragile. Chaque incident, même sans gravité réelle, ravive des inquiétudes que Camair-Co n’a pas encore totalement dissipées après des années de turbulences opérationnelles et financières.
La décision du pilote était la bonne. Prendre le risque de poursuivre vers Garoua sans inspection de l’appareil aurait été irresponsable. Ce réflexe de prudence mérite d’être souligné.
Ce que les passagers bloqués à Douala attendront maintenant, c’est une prise en charge claire — et une communication rapide de la compagnie sur la suite donnée à cet incident.



