Sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire, Aïcha Kamoise a quitté le Cameroun dans la nuit du 13 au 14 mai 2026 à bord d’un vol à destination de Paris. Elle faisait l’objet de restrictions judiciaires dans le cadre d’un litige l’opposant à l’homme d’affaires Steven Nbienou et à NBIKO TV. Comment a-t-elle franchi les contrôles de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen ? Personne ne répond pour l’instant.
Une interdiction judiciaire contournée sans explication
Les faits sont simples — et c’est justement ce qui pose problème.
Aïcha Kamoise était officiellement frappée d’une interdiction de quitter le territoire camerounais, mesure prononcée dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours. Ce type de restriction implique normalement une inscription dans les systèmes de contrôle aux frontières, avec notification aux services de police aux frontières et aux agents d’Aéroports Du Cameroun S.A. Pourtant, elle a embarqué. Sans encombre apparent.
L’affaire judiciaire qui la concerne oppose plusieurs parties, dont l’homme d’affaires Steven Nbienou et la chaîne NBIKO TV. Les contours exacts du dossier restent partiellement connus du public. Mais la dimension judiciaire est réelle — et la mesure d’interdiction était censée l’être aussi.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs internautes évoquent des complicités internes, voire des pressions exercées sur des agents chargés du contrôle migratoire. Rien n’est confirmé. Mais les questions, elles, sont légitimes.
Les failles aéroportuaires camerounaises, un risque qui dépasse ce seul cas
Ce n’est pas la première fois que la sécurité des aéroports camerounais est pointée du doigt. Mais ce cas précis rend la chose difficile à minimiser.
Si une personne sous interdiction judiciaire de sortie du territoire peut embarquer sur un vol international sans être interceptée, la question qui suit est évidente : qu’en est-il de ceux que personne ne surveille officiellement ? Trafiquants, individus sous mandat international, réseaux de fraude documentaire — les scénarios ne manquent pas.
Le Cameroun n’est pas à l’abri d’un renforcement de la surveillance de ses plateformes aéroportuaires par des partenaires étrangers. Les États-Unis, l’Union européenne et Interpol maintiennent des mécanismes d’évaluation des dispositifs de contrôle aux frontières. Une défaillance documentée peut avoir des conséquences diplomatiques et économiques concrètes — sur les visas, les accords de coopération sécuritaire, la réputation du pays.
C’est un signal d’alarme que les autorités camerounaises ne peuvent pas se permettre d’ignorer.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.



