Le Dr Albert Ze, président du Consortium pour la CSU en Afrique et fondateur de l’IRESADE, a adressé une lettre ouverte au ministre de la Santé publique du Cameroun pour dénoncer les dangers des boissons énergisantes. Face à une hypertension artérielle qui touche près de la moitié de la population camerounaise, il exige une régulation immédiate. Le ton est ferme. L’urgence est réelle.
Un cri d’alarme médical appuyé par les chiffres
Le Dr Ze ne mâche pas ses mots. Il parle d’une « crise sanitaire silencieuse mais dévastatrice » et pointe directement les boissons énergisantes comme l’un des vecteurs majeurs de la dégradation de la santé publique au Cameroun.
Les données qu’il cite sont préoccupantes. L’hypertension artérielle toucherait désormais près de la moitié de la population. Les unités de soins s’essoufflent face à la montée des insuffisances rénales. Et pendant ce temps, ces boissons chargées en caféine massive, taurine, glucuronolactone et édulcorants continuent de s’afficher librement sur les étagères de tous les commerces du pays.
Les effets documentés sont multiples. Sur le plan cardiaque : tachycardies, troubles du rythme, hypertension précoce. Sur le plan neurologique : convulsions, hallucinations, troubles du comportement. Sur le plan métabolique : risque accru de diabète de type 2 et d’obésité, même chez les plus jeunes.
Pourtant, aucune restriction d’accès pour les mineurs n’existe à ce jour au Cameroun.
Le médecin s’attaque aussi à la logique du système : « La passation de marchés pour des kits d’hémodialyse ne peut constituer une politique de santé pérenne », écrit-il. Autrement dit, acheter des machines à dialyser des reins détruits, c’est gérer les dégâts — pas les prévenir. C’est un choix politique. Et il le dit clairement.
Trois mesures concrètes réclamées
Le Dr Ze ne se contente pas de dénoncer. Il propose.
Sa lettre formule trois demandes précises au ministre : une limitation immédiate de l’accès aux boissons énergisantes pour les mineurs, une taxation dissuasive dont les revenus financeraient la prévention des maladies non transmissibles, et un contrôle strict de la publicité qui présente ces produits comme des boosters de performance.
Cette dernière demande est peut-être la plus importante. La publicité pour les boissons énergisantes cible massivement les jeunes Camerounais, en jouant sur des codes sportifs et festifs qui masquent les risques réels. Vendre un danger public en le brandant comme un signe de vitalité — c’est là que le problème commence vraiment.
Le signal envoyé par l’IRESADE et le Consortium pour la CSU en Afrique dépasse la simple lettre ouverte. C’est une mise en responsabilité publique du ministère, avec nommément les conséquences sanitaires d’une inaction prolongée.
La balle est maintenant dans le camp du ministre Manaouda Malachie.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.



