(Investir au Cameroun) – Le ministère des Travaux publics (Mintp) exprime son mécontentement face à la lenteur des travaux sur la route Olounou–Oveng–frontière Gabon, en particulier sur le tronçon de 70 km à bitumer. Selon le maître d’ouvrage, malgré les moyens déjà engagés par l’État, l’entreprise en charge du chantier — le groupement italien SEAS/Cosedil — ne respecte pas le rythme attendu.
Sur le terrain, l’avancement du chantier reste très faible. L’ordre de service prescrivant le démarrage des travaux a été notifié à l’entreprise en septembre 2024. Les travaux n’ont toutefois commencé qu’un mois plus tard. Plus d’un an et demi après, le taux d’avancement du chantier n’est encore que de 9 %, selon le Mintp.
Le ministère affirme, de son côté, avoir déjà mis à disposition les ressources financières nécessaires. Selon cette administration, plus de 12 milliards de FCFA ont déjà été mobilisés, notamment pour l’avance de démarrage, les études de conception, l’ingénierie et la mobilisation des équipes et des moyens techniques.
Le ministère reconnaît toutefois qu’un peu plus de 1,5 milliard de FCFA reste à décaisser sur les 3,3 milliards attendus par l’entreprise au titre du solde de ses décomptes.
En dépit de ces financements déjà mobilisés, le chantier reste en deçà du calendrier initial, selon le ministère. Le Mintp table désormais sur une livraison en décembre 2028, contre une échéance initialement fixée au 12 septembre 2027.
Parmi les difficultés avancées par l’administration figure l’insuffisance des équipements déployés sur le chantier. Le ministère indique que seul un premier lot de matériel — trois auto-bétonnières et 18 camions — est déjà disponible sur le site. Le reste des équipements attendus, dont des bulldozers, des niveleuses, des pelles excavatrices, des chargeuses et des pick-up, serait encore bloqué au port.
Le maître d’ouvrage estime par ailleurs que ces lenteurs aggravent le retard global du chantier et désorganisent le calendrier de décaissement prévu. Le ministère signale aussi un retard dans l’exécution des travaux, alors même que les autorisations et validations administratives nécessaires auraient déjà été obtenues.
Face à ces contre-performances, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, n’exclut plus une mise en demeure de l’entreprise si la situation ne s’améliore pas rapidement.
Le coût de l’aménagement de cette route de 70 km est évalué à 74 milliards de FCFA. Le projet est financé à 95 % par Deutsche Bank SpA Italie. L’État du Cameroun prend en charge les 5 % restants, notamment l’avance de démarrage ainsi que le paiement de taxes et prélèvements, dont la TVA, la TSR et les droits de douane.
Ludovic Amara



