Moins de 48 heures après le message de paix du pape Léon XIV à Bamenda, la violence a repris. Samedi 18 avril 2026, une embuscade tendue par des séparatistes armés dans la commune de Ndop, département du Ngoketunjia, a coûté la vie à au moins deux militaires et au gardien de la paix Akoni Ferdinand. Un acte de défi brutal qui efface les espoirs d’une trêve.
Une embuscade préparée sur une route de patrouille
L’attaque se produit en début de soirée, alors qu’un véhicule des forces de défense revenait d’une mission de patrouille de routine aux environs de Ndop. Les assaillants — communément appelés Amba Boys — avaient soigneusement exploité la topographie de la zone pour prendre le convoi en tenaille. L’effet de surprise a été total. La riposte, impossible à organiser à temps.
Parmi les victimes figure le soldat de 2ème classe Belibi Nkoa, engagé dans la promotion 2024. Formé au Centre d’instruction de la base aérienne 201, il avait été affecté au Bataillon des Fusiliers de l’Air de la base aérienne 501 de Bamenda. Il était en détachement à Bambili au moment des faits. Un jeune militaire tué avant même d’avoir vraiment commencé.
Le gardien de la paix Akoni Ferdinand figure également parmi les morts. Son image circule déjà sur les réseaux sociaux comme symbole du sacrifice quotidien des forces de l’ordre dans cette crise oubliée.
Un signal de défi après le passage du pape
Ce qui rend cette attaque particulièrement lourde de sens, c’est son timing. Le pape Léon XIV avait quitté Bamenda jeudi 17 avril, après avoir lancé un appel solennel à la réconciliation et au dépôt des armes dans les régions anglophones. Moins de 48 heures plus tard, les séparatistes du Ngoketunjia frappent.
Le message est clair : ni la présence d’un chef d’État spirituel mondial, ni les appels internationaux ne suffisent à infléchir la stratégie des groupes armés. La crise anglophone, qui dure depuis 2017, a déjà fait plusieurs milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Ndop et le reste du département du Ngoketunjia figurent parmi les zones les plus volatiles de la région.
Suite à l’embuscade, les forces de défense ont immédiatement lancé des opérations de ratissage dans les zones forestières environnantes. La tension est remontée d’un cran dans tout le secteur.
Cette attaque rappelle une réalité cruelle : entre les grands discours diplomatiques et le terrain, il y a le quotidien des soldats de Ndop. Derrière chaque appel à la paix, il y a des hommes en tenue qui patrouillent — et qui meurent.



